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Un article de Anne-Laure Julien paru dans Le Figaro du 2 mars 2006

Le groupe Bouygues tenté par Areva

jeudi 2 mars 2006 par Anne-Laure Julien
Le groupe de BTP se dit prêt à s’associer au leader mondial du nucléaire et dément toute intention de se retirer des médias et du téléphone.

A l’heure des grandes manoeuvres dans le secteur de l’énergie en France, Martin Bouygues déclare officiellement son intérêt pour le leader mondial du nucléaire, Areva. « Nos compétences pourraient s’additionner à d’autres compétences françaises, je pense à Areva », a-t-il affirmé hier, en ajoutant : « notre structure de capital stabilisé autour d’actionnaires français assurerait ainsi la pérennité des activités d’Areva en France ».

Le président du groupe de BTP se dit donc « prêt à jouer un rôle » majeur dans ce dossier. Certes, à ses yeux, construire des centrales nucléaires n’est pas une fin en soi, mais, dans le cadre d’« une prise de participation » au sein d’Areva, Bouygues apporter ait« son savoir-faire dans la gestion des grands projets ».

Il ne s’agirait naturellement pas d’en prendre le contrôle, mais pourquoi pas dans le cadre d’une introduction en Bourse, d’en devenir le premier actionnaire, aux alentours de 20% du capital. Sur le principe, un accord avec Bouygues ne déplairait pas, dit-on, à la présidente d’Areva, Anne Lauvergeon, dont le mandat doit être renouvelé en juin. Mais sûrement pas à un tel niveau de participation.

Un milliard d’euros de trésorerie

Voilà pour les intentions. Mais l’ouverture du capital de l’entreprise publique n’est pas d’actualité. En novembre dernier, Dominique de Villepin avait décidé de reporter la privatisation d’Areva au profit de celle d’EDF. Il a réaffirmé hier cette position de principe avec fermeté.

Rien ne paraît donc possible avant les élections présidentielles du printemps 2007. Un élément qui n’a pas échappé à Bouygues, lequel cherche à l’évidence à prendre date. D’autant que des groupes comme Total ou EDF, déjà présents au sein d’Areva, souhaitent peut-être aussi monter en puissance dans le capital.

Quoi qu’il en soit, Bouygues, qui a dégagé l’an dernier 832 millions d’euros de bénéfices, dispose d’une marge de manoeuvre suffisante pour réaliser une telle opération.

Son faible taux d’endettement, une trésorerie disponible d’environ 1 milliard d’euros chaque année et une rentabilité moyenne de ses actifs de 16,5% lui assurent une bonne visibilité.

Pas question de sortir de TF 1

Inutile donc de spéculer sur la vente prochaine de Bouygues Télécom : « Pourquoi irais-je vendre une activité porteuse d’avenir », s’interroge Martin Bouygues, démentant dans la foulée toute négociation avec les opérateurs Telefonica ou Deutsche Telekom. Même réponse concernant la rumeur de désengagement du groupe dans TF 1. Au contraire, Bouygues s’est renforcé l’année dernière et détient aujourd’hui 42,9% de la chaîne.

Est-ce pour ces raisons que la Bourse a sanctionné hier la valeur à Paris ou est-ce la volonté de diversification du groupe dans le nucléaire qui n’a pas convaincu ? Toujours est-il que l’action Bouygues a perdu 2,63%, terminant la séance à 42,90 euros. Par ailleurs, le groupe a décidé d’en finir avec les 473 584 certificats d’investissement et certificats de droit de vote émis il y a 20 ans et qui circulent encore sur le marché. Une simplification qui lui coûtera 2,5 millions d’euros à court terme, mais évitera à l’avenir que ces titres « bloquent une opération importante ».

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