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Celia Chauffour et Isabelle Rey-Lefebvre | Le Monde le 28 mars 2007

Le marché de l’emploi face à la pénurie et au travail au noir

mercredi 28 mars 2007 par Isabelle Rey-Lefebvre, Célia Chauffour

Une série d’opérations coup-de-poing contre le travail au noir, ont été menées, ces derniers jours. La gendarmerie d’Ille-et-Vilaine a, les 21 et 23 mars, interpellé une trentaine de personnes travaillant sur des chantiers. Simultanément, d’autres contrôles ont eu lieu en région parisienne, dans la Sarthe, en Corrèze, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher et Loire-Atlantique, avec l’interpellation d’une trentaine de personnes.

Enfin, jeudi 22 mars, une vingtaine d’agents de la direction départementale du travail du Rhône et de l’Urssaf ont contrôlé les 320 ouvriers des 50 entreprises qui construisent le futur hôpital de Bron. Une quinzaine d’ouvriers, notamment polonais, y étaient employés irrégulièrement.

Le ministère du travail a publié le 21 mars le bilan des comités de lutte contre le travail illégal (Colti), qui fédèrent, dans chaque département le fisc, les douanes, l’Urssaf et l’inspection du travail. Sept secteurs propices au travail illégal, qu’il s’agisse de salariés non ou mal déclarés ou de travailleurs étrangers sans papiers, sont dans la ligne de mire des Colti : le BTP, la confection, le gardiennage, l’agriculture, le déménagement, l’hôtellerie-restauration, les spectacles vivants et enregistrés.

Les Colti ont, en 2006, contrôlé 67 135 entreprises, dont la moitié dans le BTP. 7 000 étaient en infraction. Les chantiers affichent un taux d’infraction de 7 %, contre 5 % en 2005. Le ministère souligne l’accroissement des fraudes à l’occasion du détachement temporaire de travailleurs étrangers, procédure réglementée par une directive de 1996. A la différence du Royaume-Uni ou de l’Irlande, la France a choisi de restreindre l’accès à son marché du travail pour les travailleurs des huit Etats (d’Europe centrale) entrés dans l’Union en 2004. Ces personnes doivent faire l’objet d’une déclaration préalable auprès de l’inspection du travail.

RECRUTEMENTS EN POLOGNE

Les besoins de recrutement sont pourtant réels. Pour attirer légalement des Polonais, l’ambassade de France à Varsovie et la chambre de commerce et d’industrie française en Pologne ont organisé, les 16 et 17 mars, un forum de l’emploi présentant 800 offres dans l’hôtellerie-restauration, la distribution et la construction.

L’initiative a été peu appréciée par les autorités. " Je me demande comment la France envisage sérieusement de recruter de la main-d’oeuvre polonaise si elle garde ses dispositions actuelles vis-à-vis des travailleurs étrangers", observe Janusz Grzyb, vice-directeur au sein du ministère du travail polonais. " S’ils ont le choix, les citoyens polonais préfèrent aller en Grande Bretagne ou en Irlande, où le marché est libre." En 2006, la France a délivré 15 000 permis à des travailleurs polonais, contre 360 000 en Grande Bretagne.

La Pologne est elle-même victime d’une pénurie de main-d’oeuvre et songe à libérer son marché du travail pour faciliter le recrutement en Ukraine, Biélorussie et Russie.

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