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Bertille Bayart | Le Figaro le 24 avril 2007-05-02

Le mouvement de fusions et acquisitions s’accélère à l’intérieur de l’Europe

mardi 24 avril 2007
Le volume des transactions annoncées atteint 844 milliards de dollars depuis le début de l’année.

PLUS gros deal bancaire jamais conclu, avec une valeur affichée de 67 milliards d’euros, le projet de fusion entre Barclays et ABN Amro vient gonfler encore un flux d’opérations de fusions et d’acquisitions que rien ne semble freiner depuis le début de l’année. Pour preuve, le volume des transactions impliquant au moins une entreprise européenne annoncées depuis le 1er janvier atteint à ce jour quelque 844 milliards de dollars selon les données de Thomson Financial. Soit près de 80 % de plus que pour la même période de 2006, une année pourtant historiquement animée.

Au-delà de ces volumes impressionnants, les opérations annoncées ces dernières semaines sont symptomatiques des nouvelles tendances qui guident aujourd’hui le marché des fusions et acquisitions. En premier lieu, il est manifeste que le grand jeu de la consolidation se déroule désormais à l’échelle européenne. Les plus grosses transactions récentes sont toutes transfrontières, à l’image de la fusion Barclays-ABN Amro, de celle des foncières Unibail et Rodamco ou encore de l’offre conjointe d’Enel et Acciona sur Endesa en Espagne.

La fin des tabous

Même les secteurs les plus ­stratégiques, comme la banque et l’énergie, réglementés et souvent protégés par des autorités natio­nales, sont désormais concernés par les opérations internationales. Des opérations qui, comme Mittal-Arcelor l’an dernier, peuvent parfaitement être lancées de façon hostile, à l’image de celle de l’espagnol Sacyr sur le groupe de BTP français Eiffage.

Autre signe que les derniers tabous sont en train de tomber : le démantèlement des entreprises ciblées par une offre fait désormais partie des scénarios étudiés. Le trio formé des banques britannique RBS, espagnole SCH et belgo-néerlandaise Fortis envisage clairement de se partager ABN Amro s’il devait lancer une offre concurrente à celle de Barclays. En cas de succès de cette dernière, c’est Bank of America qui tirerait son épingle du jeu en récupérant LaSalle pour 20 milliards de dollars. Un scénario qui rappelle le Yalta organisé autour de l’électricien espagnol Endesa, puisque l’Enel et Acciona ont « acheté » le renoncement à son offre de l’allemand E.On, en lui promettant une dizaine de milliards d’euros d’actifs...

Liquidités abondantes, robinets des crédits bancaires largement ouverts, marchés boursiers porteurs, aiguillon de la concurrence toujours plus internationale... Les grands facteurs qui ont poussé les entreprises à passer à l’offensive l’an dernier restent d’actualité. Y compris en France, où la campagne présidentielle n’a pas freiné les ardeurs comme l’ont prouvé les opérations lancées par PPR sur Puma, par Unibail sur Rodamco ou encore de Suez en Espagne. Mais à ces vecteurs traditionnels de consolidation s’ajoute, comme l’a démontré l’affaire ABN Amro, un élément plus nouveau en Europe : l’activisme actionnarial. Car c’est l’intervention du fonds TCI, actionnaire à hauteur de 1 % de ABN Amro, qui a provoqué l’accélération de la réflexion stratégique de la banque néerlandaise. Un scénario dont beaucoup de groupes européens sous-valorisés savent qu’ils ne sont plus à l’abri.

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