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Article de FERYEL GADHOUM. paru dans Le Figaro du 29 septembre 2006

Le numéro un d’Enel règle ses comptes avec la France

vendredi 29 septembre 2006 par Feryel Gadhoum
Fulvio Conti critique le protectionnisme français des marchés de l’énergie.

FULVIO Conti n’est pas content. L’administrateur délégué d’Enel l’a fait savoir hier à la tribune du colloque franco-italien sur l’énergie organisé à Sciences po Paris. Invité à débattre du marché européen de l’énergie - avec ses homologues de GDF, Jean-François Cirelli, d’ENI, Leonardo Maugeri, d’EDF, Pierre Gadonneix, d’Electrabel France (Suez) Philippe Lermusieau et d’Edison Umberto Quadrini -, Fulvio Conti n’a pas mâché ses mots. Sur le constat général, tout le monde est unanime : il n’y a pas de marché européen, les sources de production d’énergie sont totalement divergentes, tout comme l’application du protocole de Kyoto, qui crée des distorsions.

Tout le monde est aussi d’accord pour dire qu’il faudra des centaines de milliards d’euros d’investissement pour répondre aux besoins électriques et gaziers.

Dirigisme à la soviétiqueDans ce contexte, il convient de s’allier entre européens et d’ouvrir les marchés. Et, s’agissant de la France, Fulvio Conti en a gros sur le coeur. En février dernier, lorsqu’il avait évoqué l’idée de lancer une OPA sur Suez, les réactions politiques ne s’étaient pas fait attendre. Le premier ministre, Dominique de Villepin, a en personne publié les bans du mariage GDF-Suez pour contrer l’arrivée de l’Italien. Depuis, le patron d’Enel ne décolère pas et tire à boulet rouge sur les initiatives françaises dans l’énergie. « Il nous faut un cadre réglementaire stable. La décision de permettre un retour au tarif réglementé pour les entreprises ayant changé d’opérateur m’évoque un dirigisme à la soviétique ». Les mots sont durs, mais il les a bien pesés. Il attend depuis des mois de signer avec EDF un accord pour entrer dans le capital du réacteur de troisième génération EPR.

Fulvio Conti est d’autant plus amer que le gouvernement italien l’a obligé à beaucoup s’alléger pour favoriser la pénétration d’acteurs étrangers sur le marché de l’électricité. En faveur d’ailleurs de Suez, EDF et GDF. « Même sauvagement réduit à l’état d’un opérateur quelconque, je me félicite de continuer à être efficace », clame-t-il. Et le coup de pied de l’âne ne tarde pas. « S’il y avait des Jeux olympiques de la concurrence, ce n’est certainement pas la France qui les remporterait, mais l’Italie », conclut-il, plaidant pour que « l’on applique enfin le principe de réciprocité ».

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