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Un article paru sur lemonde.fr avec AFP et Reuters

Le pétrole a dépassé le seuil symbolique de 70 dollars

mardi 30 août 2005

Le pétrole a brièvement dépassé les 70 dollars le baril, lundi 29 août, à l’approche de l’ouragan Katrina, l’un des plus puissants qu’ait connus les Etats-Unis. [Le cours du light sweet crude - article 1105] pour livraison en octobre a atteint dans la nuit un plus haut à 70,80 dollars le baril, avant de se replier à 69,95 dollars à 6 heures, heure de Paris), soit un bond de 3,82 dollars par rapport à sa clôture de 66,13 dollars à New York, vendredi.

Cette poussée à la hausse résulte des craintes suscitées par l’arrivée du cyclone Katrina, qui menace les nombreux puits de pétrole du golfe du Mexique. Le président George W. Bush a déclaré l’état d’urgence dans la région, et 21 puits et plates-formes, qui représentent 42 % de la production de la zone, ont été fermés.

"Le marché semble vraiment fou", a commenté Tetsu Emori, analyste à la Mitsui Bussan Futures à Tokyo, tout en estimant que les cours ne devraient pas pouvoir s’installer au-dessus de 70 dollars, puisque s’achève aux Etats-Unis la saison estivale, synonyme de forte circulation.

Dariusz Kowalczyk, stratège à la CFC Seymour Securities, juge lui possible que le prix du baril atteigne 80 dollars, car Katrina, classé de niveau 5, risque d’endommager les plates-formes. Or l’ouragan Ivan, de catégorie 3, qui avait ravagé le golfe du Mexique et ses infrastructures pétrolières en septembre dernier, avait provoqué une augmentation de 22 % des cours du brut. "La similitude avec Katrina est tellement importante que les marchés s’énervent, poussant ainsi les cours à la hausse", souligne l’expert, qui rappelle que le port de La Nouvelle-Orléans traite 11 % des importations de brut des Etats-Unis, soit un million de barils par jour. Le contrat à terme pour février a atteint à New York le record de 71,87 dollars le baril, une indication de la tendance à venir, ajoute-t-il, d’autant que le risque demeure de sanctions contre l’Iran, compte tenu de ses ambitions nucléaires.

RECOURS AUX RÉSERVES STRATÉGIQUES ?

Les produits pétroliers ont flambé encore plus que le brut, le contrat octobre de l’essence s’adjugeant 11,3 %, à 2,1448 dollars le gallon (soit 3,785 litres), et celui du fioul domestique 9,6 %, à 2,0135 dollars le gallon. Les opérateurs redoutent que Katrina réduise encore la production de carburants dont les stocks se situent dans le bas de la fourchette habituelle pour cette période de l’année. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), dont la production approche ses capacités maximales depuis près d’un an, a exprimé dimanche ses inquiétudes concernant la flambée des cours, en hausse de 61 % depuis le début de l’année. Mais selon les analystes, l’OPEP, qui se réunit le 19 septembre à Vienne pour déterminer sa politique de production, ne dispose quasiment plus d’aucun recours pour freiner les cours.

"On peut s’attendre à deux mois de production perdue. Et à l’approche de la période où la demande est la plus forte, cela ne peut pas être pire, estime David Thurtell, stratège chez Commonwealth Bank of Australia. Le seul moyen d’éviter une nouvelle escalade des cours est le déblocage par le président Bush d’une partie des réserves stratégiques de pétrole." L’administration Bush avait précisé qu’elle ne le ferait qu’en cas de perturbation sérieuse, sans plus de précisions.

En [Equateur- rubrique 131], où la production est revenue à la normale après avoir été perturbée par une semaine de manifestations, les protestaires ont menacé dimanche de reprendre leur mouvement d’ici quarante-huit heures si les groupes pétroliers n’acceptent pas d’accroître leurs investissements locaux.

Les économistes s’accordent à penser que le renchérissement du pétrole ralentira la croissance en Asie, mais de manière limitée. "Le fait que les cours du pétrole reflètent largement jusqu’à présent une forte demande plutôt qu’une rupture d’approvisionnement est une raison de garder confiance dans la santé de la demande internationale, et cela devrait soutenir une croissance toujours solide des exportations au second semestre", estime David Cohen, économiste régional à Singapour pour Action Economics.

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