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Un Entretien réalisé par Stéphane ALLIES publié par Liberation le 2 aout 2005

« Le plan d’urgence en rajoute dans l’insécurité sociale »

mardi 2 août 2005 par Stéphane ALLIES
Avant l’examen des six ordonnances pour l’emploi par le Conseil des ministres ce matin (lire ci-dessous), Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT, revient sur l’opposition des syndicats à ces textes.

Comment comptez-vous organiser la mobilisation syndicale ?

Dès l’annonce des ordonnances, la CGT a appelé à la mobilisation, notamment les 21 juin et 5 juillet. Aujourd’hui, nous proposons à toutes les organisations syndicales de décider ensemble de puissantes mobilisations unitaires dès la rentrée. Aucun des sujets qui ont motivé les actions (sur les salaires, ndlr) des 5 février et 10 mars n’a trouvé de réponse. Au contraire, le plan d’urgence du gouvernement en rajoute dans l’insécurité sociale. Il y a une forte attente à l’égard du mouvement syndical pour concrétiser des mobilisations et des acquis sociaux sans dépendre du calendrier politique électoral. Les salariés des PME, particulièrement visés par les ordonnances, ont encore plus besoin que les autres de mobilisations nationales unitaires, car c’est souvent leur seule possibilité de se faire entendre. Quant au Medef, sa nouvelle présidente a aussi besoin de savoir que les salariés ne sont pas dupes du changement de forme opéré à la tête de l’organisation patronale. Ce n’est pas la destruction du code du travail qu’exigent les salariés, mais une amélioration des salaires, de l’emploi et une sécurité sociale professionnelle.

Votre opposition est donc globale face aux six projets d’ordonnances ?

Ce projet a une cohérence d’ensemble : il ne vise pas la croissance et la création d’emplois, mais de nouveaux moyens à la disposition des employeurs pour développer la précarité du travail. Il ne vise pas la diminution du chômage mais le dégonflement des statistiques en faisant tourner plus de monde sur un nombre de postes de travail inchangé. Il répond aux exigences sempiternelles du Medef. Enfin, exclure les jeunes de moins de 26 ans du calcul des effectifs est une forme de mépris inqualifiable et obliger les chômeurs à accepter des emplois inférieurs à leur niveau de compétences va pousser l’ensemble des salaires vers le bas. Le pays va souffrir des nouveaux cadeaux sans contrepartie accordés par le budget de l’Etat au patronat.

La méthode des ordonnances révèle-t-elle un refus de compromis avec les syndicats ?

Un refus de concertation, c’est sûr ! Le gouvernement s’assoit sur l’engagement solennel qu’il avait pris, avec la loi du 4 mai 2004 sur le dialogue social, de ne procéder à aucune réforme sans négociation préalable avec les partenaires. Ses ordonnances sont contestées par toutes les organisations syndicales de salariés. Elles font, par contre, le bonheur des organisations patronales. Tout un symbole ! La procédure d’urgence n’est pas une preuve de force de la part du gouvernement, cela démontre, au contraire, son caractère illégitime et impopulaire. Car, plus encore que les syndicats, c’est surtout l’Assemblée qui est méprisée.

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