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Un article de Grégoire BISEAU paru dans Libération de 25 octobre 2005

Le poids des marchés sur le prix des énergies

mardi 25 octobre 2005 par Grégoire BISEAU
La privatisation partielle d’EDF et GDF pourrait entraîner une hausse des tarifs.

Le timing fait désordre. Vendredi soir, Thierry Breton recevait dans son bureau Jean-François Cirelli, patron de Gaz de France, pour lui demander de baisser ses ambitions en matière de hausse des tarifs. L’entreprise demande 12 % d’augmentation. « Depuis le début de l’année, nos coûts d’approvisionnement ont grimpé . On ne fait qu’appliquer la loi en matière d’indexation des tarifs gaziers sur les prix du pétrole », assure le groupe. Mais, aiguillonné par les députés UMP, le ministre de l’Economie réclame un geste de Cirelli. Sans succès. « La négociation se poursuit. On attend l’avis consultatif de la commission de régulation de l’énergie et après, on verra », dit un conseiller de Bercy. Signe que la Bourse suit ce débat, l’action GDF perdait 3,06 % hier.

Samedi soir, c’était au tour de Pierre Gadonneix, ancien patron de GDF et actuel président d’EDF, de négocier, dans le bureau de Breton, la possibilité de pouvoir augmenter ses tarifs électriques dans le futur. Le compromis arraché est favorable à l’entreprise. Dans son contrat de service public , la direction d’EDF s’engage à ne pas augmenter ses tarifs au-delà de l’inflation, mais uniquement pendant cinq ans. Mieux : en 2007, date de l’ouverture à la concurrence pour les particuliers, il est prévu que cet accord soit revu. On peut penser que l’actuel bras de fer entre GDF et le gouvernement se reproduira donc demain avec EDF. D’autant que les prix réglementés de l’électricien sont environ 30 % moins élevés que ceux pratiqués sur le marché européen.

Les opposants à la privatisation trouvent là un cas d’école des contradictions du gouvernement. Que l’on peut résumer ainsi : peut-on ouvrir le capital d’entreprises publiques à des actionnaires privés tout en exigeant que leurs tarifs ne suivent pas ceux du marché ? « Le taux de rentabilité des fonds de pension américains tourne autour de 12 %. Va falloir les payer et ce sera au détriment du service public et des tarifs. En 2007, la première chose que fera la direction, ce sera de faire péter ce verrou tarifaire pour l’aligner sur le prix de marché », dit la CGT.

Hier, François Loos, ministre délégué à l’Industrie, assurait que le gouvernement n’abandonnerait les tarifs régulés. Une mise au point qui n’a pas empêché François Bayrou, président de l’UDF, d’appuyer là où ça fait mal : « Cette ouverture de capital d’EDF comporte beaucoup de risques et de menaces, car elle est génératrice de conflit entre l’Etat et les actionnaires minoritaires. »

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