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FRANÇOIS-XAVIER BOURMAUD. | Le Figaro le 19 avril 2007

Le privé lance la sécurité sociale professionnelle

jeudi 19 avril 2007 par François-Xavier Bourmaud
Dès 2008, les entreprises de plus de 300 salariés devront négocier des accords de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Certaines tentent déjà l’expérience.

LA SÉCURITÉ SOCIALE professionnelle se met en place… à l’initiative du privé. Sur l’ensemble des décrets d’application des lois votées depuis 2002, il en est un qui, publié récemment, incite fiscalement les entreprises à se lancer dans la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC).En clair, l’État aidera financièrement les entreprises qui organisent longtemps à l’avance la reconversion des salariés dont l’emploi risque de disparaître.

La première expérience du genre est en train de voir le jour à Grenoble sous la houlette de STMicroelectronics. Après la crise sociale traversée par le groupe à Rennes lors de la fermeture de son site en 2003, STMicro met en place un « pôle de mobilité régional » en collaboration avec des grandes entreprises implantées dans la région, comme Capgemini ou Radial, des PME locales mais également les universités et les services publics de l’emploi.

Après les caisses automatiques

Objectif : faire en sorte qu’un salarié dont l’emploi est menacé à terme puisse se reconvertir sans passer par la case chômage et sans perdre en rémunération. « C’est une forme de contrat de transition professionnelle permanent mais qui est mis en place par les entreprises », explique Gérard Larcher, ministre délégué à l’Emploi, pour qui la démarche est aussi politique. « Sécuriser les parcours professionnels, ce n’est pas figer les salariés dans l’emploi comme l’affirment certains. Ce pôle apporte en tout cas la preuve que la sécurisation passe par la mobilité », ajoute-t-il.

La grande distribution a apporté récemment une illustration concrète de ce que veut être la GPEC. Alors que les grandes surfaces multiplient actuellement les expériences de caisses automatiques et laissent entrevoir à terme la possibilité de voir disparaître le métier de caissière, il s’agit dès aujourd’hui d’assurer la formation et la reconversion de ces salariées vers les emplois dont auront besoin demain les grandes surfaces. « La GPEC est un outil permettant de traiter à froid les mutations économiques et non plus dans l’urgence comme cela se fait encore aujourd’hui », précise Gérard Larcher.

La loi de cohésion sociale imposant aux entreprises de plus de 300 salariés d’engager à partir de 2008 des discussions avec leurs syndicats sur la GPEC, les expériences de ce type devraient se multiplier dès l’année prochaine. Le ministère de l’Emploi tient d’ailleurs à leur disposition les statuts du pôle de mobilité régional.

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