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Marc Roche – Le Monde du 05.02.08.

Le retour des deux "nations" britanniques : la riche et la pauvre

mardi 5 février 2008 par Marc Roche

Dans son roman Sybil, Benjamin Disraeli, premier ministre de la reine Victoria, avait condamné la coupure du royaume en "deux nations entre lesquelles il n’y a ni relation ni sympathie... les riches et les pauvres". Ce thème, récurrent sous le gouvernement Thatcher (1979-1990), est redevenu d’actualité.

"En trente-cinq années de métier dans la distribution, je n’ai jamais vu de disparités aussi grandes : à Londres et dans le Sud, les nantis s’enrichissent, dans le reste du pays, les gens s’appauvrissent. Je ne reconnais plus le Royaume-Uni" : directeur général des grands magasins Marks & Spencer, Stuart Rose a repris à son compte la remarque de Disraeli. Malgré la baisse du nombre de touristes américains et japonais ou le ralentissement économique, lors des fêtes de fin d’année, les ventes de M & S ont explosé à Londres et dans les comtés voisins. En revanche, le chiffre d’affaires de l’enseigne dans le nord de l’Angleterre et en Ecosse a fortement diminué.

LACUNES DU SYSTÈME ÉDUCATIF

Dans la foulée, un rapport de l’institut des études fiscales, Institute for Fiscal Studies, confirme le fossé grandissant entre les riches et le reste de la population depuis l’arrivée au pouvoir du Labour, en 1997. Les 47 000 contribuables gagnant plus de 350 000 livres brut par an vivent dans leur quasi-totalité à Londres.

A l’évidence, cet écart régional est fécondé par le formidable essor des services, en particulier financiers, dans la capitale britannique. A l’exception des multinationales, pharmacie, défense, aéronautique etc., l’industrie britannique installée dans le vieux Pays noir, a souffert des délocalisations et de la concurrence étrangère, sans parler de la fermeté jusqu’il y a peu de la livre sterling.

Le Nord est pénalisé par une infrastructure de transports inférieure et les lacunes du système éducatif d’Etat. Tandis que les rémunérations s’envolent dans le tertiaire, les ouvriers et employés voient leurs revenus amputés par la hausse de la fiscalité indirecte et l’inflation. Cette situation contrastée est aussi patente dans les régions rurales du Sud-Ouest.

Le gouvernement travailliste conteste ce fossé régional. A l’entendre, le niveau de revenus des grandes métropoles régionales septentrionales, Manchester, Edimbourg, Newcastle ou Leeds, n’a rien à envier à celui du Grand Londres. Par ailleurs, un coût de la vie moins élevé, en particulier pour le logement, compense les salaires plus élevés au Sud.

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