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Mustapha Kessous | Le Monde le 19 avril 2007

Le textile français ne cesse de voir fondre ses effectifs

jeudi 19 avril 2007 par Mustapha Kessous

En France, le nombre de salariés de l’industrie du textile a lourdement chuté en 2006. Selon des chiffres qui seront prochainement publiés par l’Union des industries textiles (UIT), ce secteur d’activité, qui emploie quelque 93 000 personnes, a perdu - comme en 2005 - entre 7 000 et 8 000 emplois. Une centaine de sociétés ont aussi disparu.

L’habillement fait relativement mieux : "seulement" 3 600 postes ont été supprimés en 2006 (8 600 en 2005). Aujourd’hui, ce secteur compte 82 200 salariés. Il en employait 176 500 en 1996.

Les délocalisations en cascade - Aubade, Well, Arena pour les plus récentes - alimentent cette diminution constante des effectifs dans l’industrie textile.

Les ouvriers paient un lourd tribut. "Ils représentent 50 % des effectifs. Ce sont donc les plus fragiles", souligne Xavier Royer, directeur de la formation à l’UIT.

"MUE STRUCTURELLE"

L’instauration par l’Union européenne, il y a près de deux ans, de quotas sur les produits en provenance de Chine n’a pas permis de stopper cette hémorragie. Au contraire, les distributeurs ont opéré un "détournement de quotas" en s’approvisionnant dans d’autres pays d’Asie (Le Monde du 9 novembre 2006).

Les perspectives pour les cinq prochaines années dans les secteurs du textile, de l’habillement et du cuir, qui emploient près de 200 000 personnes, n’ont rien de rassurant. Durant cette période, de 40 000 à 50 000 salariés devraient perdre leur travail.

Après cela, "l’ensemble du secteur devrait avoir achevé sa mue structurelle", affirme Clarisse Perotti-Reille, auteur d’un récent rapport sur la reconversion des salariés de cette industrie, remis aux ministères de l’emploi et de l’industrie. Selon elle, "les effectifs devraient se stabiliser autour d’un plancher de 150 000 personnes avant que le secteur puisse redevenir modérément créateur net d’emplois."

Mais, au préalable, "40 000 à 55 000 personnes devront changer de métier et renforcer leurs compétences, explique-t-elle. Les ouvriers peu qualifiés devront apprendre de nouveaux métiers afin de pouvoir évoluer au sein de leurs propres entreprises ou pour "rebondir" après un licenciement."

Mme Perotti-Reille estime que les pouvoirs publics devront accompagner cette mutation en multipliant les partenariats avec des centres de reclassement et des centres de formation. Un soutien qui coûterait à l’Etat 100 millions d’euros.

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