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Article de Lénaïg Bredoux paru dans L’Humanité du 28 septembre 2006

Léger mieux salarial grâce au smic

jeudi 28 septembre 2006 par Lénaïg Bredoux
Enquête . Selon l’Insee, les salaires en France ont augmenté de 0,9 % l’an dernier et de 0,6 % depuis sept ans, dans un contexte marqué par le développement de la précarité.

Un léger mieux, mais tout relatif. Ce pourrait être le résumé prudent de l’enquête annuelle sur les salaires en France, publiée aujourd’hui par l’Insee [1]. Selon l’institut, ils ont augmenté de 0,9 % dans le secteur privé en 2005. Soit un meilleur cru que les deux années précédentes où ils avaient péniblement grimpé de 0,4 % en 2004 et de 0,3 % en 2003.

Deux facteurs permettent d’expliquer cette légère amélioration : d’un côté, la diminution du taux de chômage officiel aurait permis aux salariés de mieux négocier leur rémunération au moment de l’embauche, et notamment dans des secteurs en tension comme la construction. De l’autre, le Smic a été revalorisé de 5,5 % en juillet 2005 en vertu de la loi « Fillon » sur la convergence des minima légaux. Logiquement, ce sont donc les ouvriers et les employés, avec environ 3 % d’augmentation, qui en profitent le plus.

Sur l’ensemble de la période courant de 1998 à 2004, le salaire mensuel de base a augmenté de 0,6 % en moyenne chaque année. Mais, cette moyenne occulte de fortes disparités, à la fois entre les secteurs d’activité, les régions et les catégories sociales. En effet, elle recouvre une hausse de 0,6 % pour les ouvriers et de 0,5 % pour les cadres, quand le salaire des employés et des professions intermédiaires a baissé de 0,2 % entre 1998 et 2004. Une diminution à mettre notamment sur le compte de la faiblesse relative des rémunérations dans le commerce ou les services.

Mais, tous ces chiffres reposent sur le calcul du salaire mensuel de base (SMB). Or, celui-ci ne concerne que les salariés du secteur privé, employés à plein temps. N’est donc pas pris en compte le nombre croissant de salariés à temps partiel et de précaires. Or, selon l’Insee, le temps partiel représente désormais 14 % du volume des heures travaillées en France et 23 % des postes de travail.

L’institut a donc construit un nouveau concept, celui de « revenu salarial », valable pour les salariés du privé comme du public, ayant travaillé toute l’année ou une partie seulement, à temps complet ou partiel. En 2004, il valait environ 17 000 euros (contre 22 000 pour le salaire mensuel de base), en hausse de 0,4 % par an de 1996 à 2004 (contre 0,6 % pour le SMB).

Enfin, l’Insee publie aujourd’hui une étude sur le rôle joué par l’épargne salariale dans l’évolution des salaires. Le constat est sans appel : « Elle a tendance à accentuer les inégalités », explique Abdelmalik Koubi, de la Dares. L’épargne salariale, qui représente désormais une part importante du revenu, reste, en effet, l’apanage des grandes entreprises et des cadres. En 2002, « 60 % des salariés » n’ont perçu ni participation ni intéressement. Et les 10 % des bénéficiaires les mieux lotis perçoivent à eux seuls 40 % des sommes versées au titre de l’épargne salariale. Un dispositif que le gouvernement veut pourtant étendre.

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