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L’Humanité | Christelle Chabaud le 6 février 2007

Les 39 heures sans congés supplémentaires

mardi 6 février 2007 par Christelle Chabaud
Hôtels-cafés-restaurants . Trois syndicats ont signé hier le projet d’accord présenté par l’Umih, principale fédération patronale

ça y est, après deux ans de négociations, c’est tranché. Élaborée mercredi, la dernière mouture du projet d’accord sur le temps de travail et les salaires, présentée par les trois organisations patronales (Umih, Synhorcat et GNC), a finalement emporté hier l’adhésion de la CFDT, après celle de la CFTC et de la CFE-CGC. Pour les 800 000 salariés des hôtels-cafés-restaurants, les 39 heures de travail hebdomadaires deviennent donc la règle, sans qu’une sixième semaine de congés payés soit instaurée en compensation, comme le demandait la CGT.

Le nouvel accord remplace celui de juillet 2004, annulé en octobre 2006 par le Conseil d’État en raison de la non-conformité du « système des heures d’équivalence » permettant aux employeurs de ne pas majorer les heures supplémentaires. Pour Johanny Ramos, le négociateur de la CFDT, le texte patronal accorde « cinq jours fériés sécurisés » supplémentaires, ce qui, ajouté aux « trois jours déjà en vigueur » dans la branche, constitue une « véritable sixième semaine de congé ». Mais pas pour Stéphane Fustec, de la CGT, qui estime que ces « jours étaient, de fait, déjà accordés par de nombreux accords d’entreprise. Par contre, cela entérine plus de flexibilité avec, par exemple, l’autorisation d’amplitudes horaires nocturnes de douze heures, au lieu de huit en principe ».

Concernant les compensations salariales, le texte de l’Umih propose une majoration de 10 % des heures entre la 36e et la 39e, de 30 % entre la 40e et la 43e et de 50 % au-delà. « À travers ce projet, le souci du patronat est de faire en sorte que ce métier soit attractif et que l’on puisse continuer à dire que chez nous on travaille plus qu’ailleurs mais qu’on gagne plus », se félicite André Daguin, président de l’Umih. Encore un leurre, selon Stéphane Fustec, qui explique que, « pour un smicard, la majoration correspond à peine à 13 euros par mois ». Et si la grille des salaires va enfin être libellée en euros, puisque la dernière datait de 1997, il n’y a pas d’augmentation des échelons et « la plupart des 800 000 salariés resteront donc à l’échelle la plus basse, c’est-à-dire le SMIC », continue Stéphane Fustec.

Denis Raguet, de FO, a indiqué, quant à lui, qu’il « réservait le positionnement » de son syndicat sur le texte « jusqu’à vendredi », le temps notamment d’en faire « une lecture juridique ». Il s’est cependant félicité qu’il y ait eu un barrage syndical contre une proposition patronale visant à réduire de onze à neuf heures le temps de repos des salariés « en cas de surcroît d’activité ». Selon lui, « sans ce recul, il n’y aurait pas de signature ». Selon toute probabilité, FO, CFTC et CFE-CGC devraient donc apposer leur signature à côté de celle de la CFDT vendredi matin.

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