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Un article de Mina Kaci paru dans l’Humanité du 28 mai 2005

Les Européennes ont rendez-vous à Marseille

dimanche 29 mai 2005 par Mina Kaci

Cela s’annonce comme un mini FSE, un Forum social européen entièrement dédié à la cause des femmes. Italiennes, Espagnoles, Polonaises, Portugaises ou Françaises, elles seront des milliers, samedi et dimanche, dans les rues de Marseille pour participer à l’étape européenne de la symbolique Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et les violences lancée par des féministes provenant de 163 pays et territoires. Une foule de 40 000 personnes avait célébré, le 8 mars 2005, au Brésil, le départ de cette action qui prendra fin le 17 octobre, au Burkina.

Les systèmes patriarcal et libéral dénoncés

Dans leur voyage, les marcheuses transportent une immense courtepointe sur laquelle est brodée « la charte mondiale des femmes pour l’humanité », adoptée au Rwanda, le 10 décembre 2004. Ce document, explique les initiatrices, « présente, en trente et une affirmations, le monde que nous voulons construire. Dans ce monde, l’exploitation, l’oppression, l’intolérance et les exclusions n’existent plus ; l’intégrité, la diversité, les droits et libertés de toutes et de tous sont respectés ». Sans doute utopique, la charte a le mérite d’identifier clairement les causes des inégalités entre les sexes, que sont les systèmes patriarcal et néolibéral. « La double condamnation, de l’oppression patriarcale et de l’exploitation capitaliste, signe notre originalité, notre subversion », commente Judith Martin-Razi, coordinatrice marseillaise de la marche.

La charte devra traverser les cinq continents et faire escale dans cinquante-trois pays. Il en a été ainsi au Paraguay, en Argentine, en Bolivie ou à Cuba. Chaque passage du relais suscite de grands débats, comme ceux que l’on tient rituellement lors de la Journée internationale des femmes. Il en sera de même ce week-end à Marseille. Cinq forums et trois espaces (voir encadré ci-dessous) permettront aux participantes de confronter leurs réflexions afin « d’élaborer des propositions alternatives et créer des convergences, au-delà des chemins différents de chacune de nos associations, pour changer réellement la situation des femmes en Europe », explique Josette Rome-Chastanet, animatrice nationale de la Marche. Elle fait partie des 400 personnes qui ont quitté au petit matin Paris en direction de la cité phocéenne. Le train, baptisé par la SNCF « spécial Marche mondiale des femmes », transporte également des Grecques, des Turques, des Albanaises ou encore des Suédoises qui transitent par la capitale.

Deux jours de lutte pour l’égalité des sexes

Sans doute, la manifestation de cet après-midi marquera-t-elle le temps fort de ces deux jours de lutte pour l’égalité des sexes. Au-delà des militantes féministes, particulièrement impliquées dans la marche, on attend la participation de milliers de femmes et d’hommes que ne laissent pas indifférent(e)s l’ampleur du phénomène planétaire des violences envers les femmes. Selon Amnesty International, il constitue « le plus grand scandale actuel en matière de violations des droits humains ».

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