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Article de Laetitia Clavreul paru dans Le Monde du 06.12.06

Les Français cherchent à peser sur le marché des biocarburants

mercredi 6 décembre 2006 par Laetitia Clavreul
Sur le marché naissant des biocarburants, le Brésil est incontournable et redouté. "Chaque semaine, je rencontre des délégations venues de Chine, d’Inde, du Mozambique...", se plaint gentiment Luciano Tavares de Almeida, représentant pour l’industrie et le commerce de Piracicaba, la ville phare de l’éthanol brésilien.

Il a fait de même, du 27 novembre au 1er décembre, avec des politiques, des industriels et des scientifiques français, lors des Rencontres franco-brésiliennes sur les biocarburants organisées par l’ambassade de France et le pôle de compétitivité Industries et agro-ressources.

Les Brésiliens en ont profité pour insister sur leur intention d’exporter et leur volonté de voir les frontières s’ouvrir. En effet, le Brésil veut croire au marché international.

Au coude à coude avec les Etats-Unis pour la place de premier producteur mondial d’éthanol, il compte passer de 16 milliards de litres en 2005 à 35 milliards en 2013.

Pour l’instant, il en exporte 2,5 milliards vers les Etats-Unis, le Japon et la Suède ; le reste est consacré à ses énormes besoins domestiques.

Mais les industriels brésiliens, soutenus par le gouvernement, cherchent à exporter leur savoir-faire. L’objectif est de voir émerger d’autres acteurs dans l’éthanol de canne à sucre pour permettre au marché d’exister.

Un autre espoir réside dans la pression de la demande : les gouvernements annoncent chacun leur tour des plans d’incorporation de biocarburants.

Les uns, c’est le cas de la France, en produiront mais peut-être pas assez. Les autres, faute de surface, ne pourront qu’en acheter. L’offre pourrait donc être inférieure à la demande, et le Brésil être très sollicité - s’il est capable de fournir.

"DOMAINE STRATÉGIQUE"

Jusqu’à présent, un seul français, Tereos, a misé sur le Brésil. Il s’y est implanté en 2001. Tandis que Bill Gates pourrait arriver via son fonds Pacific Ethanol, Google se renseigne et les fonds d’investissement sont de plus en plus présents.

"Le marché international va se développer, car le Brésil ou des pays d’Afrique ou d’Asie du Sud-Est ont une vocation exportatrice, alors que d’autres comme la Suède se déclarent importateurs, explique Catherine Mollière, du Crédit agricole. Mais il devrait rester principalement national, pour des raisons de protectionnisme agricole, ou régional."

Quelle place pourront trouver les Français ? Ils tentent de jouer leur carte dans la recherche. Ils font aussi valoir leur avance dans le biodiesel, où le Brésil se lance à peine et reconnaît que l’expérience française pourrait l’intéresser.

Sur l’éthanol, le discours est défensif. "L’énergie est un domaine stratégique, il y a des points de vue nationaux à faire valoir, résume Jean-Marie Chauvet, responsable des relations internationales du pôle de compétitivité. Avant que le jeu ne s’ouvre, nous devons atteindre nos objectifs avec notre propre industrie."

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