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Anne Roy | L’Humanité du 14.02.2008

Les Grecs se mobilisent pour leurs retraites

vendredi 15 février 2008 par Anne Roy
Grèce . Le premier ministre, Costas Caramanlis, présente demain son projet de réforme au Parlement. Le pays était hier paralysé par une grève générale.

Quelques heures de circulation seulement pour les transports en commun hier à Athènes : juste le temps d’acheminer les manifestants vers les défilés du centre de la capitale. Pour le reste, rien. Postes, banques, écoles, hôpitaux, tribunaux, aéroports, ferries : la Grèce retenait son souffle, hier, paralysée par une grève générale. Secteur public comme privé, tous entendaient se défendre contre le projet de réforme du système de retraites que le premier ministre conservateur Costas Caramanlis va présenter au Parlement demain, en attendant un vote d’ici à la Pâques orthodoxe en avril prochain. À mesure que le calendrier du gouvernement se précise, la mobilisation suit. Et le défilé était peut-être un peu moins impressionnant que lors de la précédente grève générale du 13 décembre dernier, froid glacial oblige, mais la Grèce était au rendez-vous pour envoyer, selon les mots du leader syndical Yiannis Panagopoulos, « un message fort pour indiquer au gouvernement qu’il ne peut pas instaurer des changements qui blessent les droits des travailleurs ».

« C’est le seul moyen de se faire entendre », commentait hier une jeune fille devant le rideau baissé d’une station de métro à Athènes, témoignant sa sympathie pour le mouvement initié par la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE, 600 000 adhérents) et la Fédération des fonctionnaires (Adedy, 200 000 adhérents), qui représentent 2,5 millions de travailleurs de tous les horizons et de toutes les classes sociales. Comme en décembre, les journalistes étaient par exemple eux aussi de la partie, bloquant la diffusion des journaux télévisés. « En Grèce, les pensions de retraite sont déjà misérables, entre 400 et 500 euros par mois, elles ne coûtent pas si cher au gouvernement, note un jeune militant grec. L’argument démographique selon lequel l’État ne va plus avoir les moyens de payer ne tient pas. Il faut aussi situer cette mobilisation dans le contexte d’un discrédit croissant de la population à l’égard du gouvernement qui rejaillit sur l’ensemble de la classe politique après une série de scandales. »

Quatre mois après les législatives de septembre, début janvier, les conservateurs de Néo Democratia chutaient dans les sondages, après la médiatisation d’une affaire privée ayant viré au scandale politique, impliquant le secrétaire général du ministère de la Culture Christos Zachopoulos, et l’ouverture concomitante d’une enquête par le parquet d’Athènes sur la gestion de fonds européens par ce même ministère. En décembre, le ministre de l’emploi avait été lui aussi contraint de présenter sa démission, quelques jours après une première grève générale, après que les médias ont révélé qu’il embauchait un jardinier au noir.

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