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Alexandra Chaignon | L’Humanité du 29.02.2008

Les Miko refusent le chantage de la direction

samedi 1er mars 2008 par Alexandra Chaignon
Agro-alimentaire . Chez Cogesal-Miko de Saint-Dizier (Haute-Marne), FO et la CGT ont quitté la table des négociations en signe de protestation.

Si la direction de l’usine Cogesal-Miko (Unilever) de Saint-Dizier espérait conclure hier le plan de restructuration du site, qui prévoit la suppression d’environ 250 emplois sur 493 d’ici juillet 2008, c’est raté… La dernière journée de négociations visant à entériner le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) a tourné au fiasco. Les dirigeants ont tenté de passer en force en exigeant des élus du personnel de « voter une résolution lui donnant toute liberté pour poursuivre son plan de licenciement », ainsi que le dénonce l’intersyndicale. À défaut, la direction a menacé d’engager des poursuites judiciaires contre 47 salariés ayant, en janvier dernier, retenu le directeur de l’usine dans son bureau pendant une quinzaine d’heures. La réaction ne s’est pas fait attendre : les syndicats CGT et FO ont quitté la table des négociations. « On ne marche pas au chantage », s’insurge Hervé Mazelin, délégué CGT.

Pour Ralph Blindauer, l’avocat de la CGT, on est dans une logique de « prise d’otages ». « Si la direction tentait d’arracher par la force un avis qu’elle ne pouvait obtenir par les voies du droit, des poursuites seraient engagées au pénal pour délit d’entrave au comité d’entreprise », explique-t-il.

Dans un communiqué, le président de Cogesal Miko, Daniel Degove, considère pour sa part que « le dialogue social se concluait mercredi, en toute normalité, comme le prévoit le droit du travail (…). Au cours de ces trois mois de dialogue, nous avons tout fait pour expliquer ce projet industriel très important pour l’usine. » Déterminée, la direction n’entend pas lâcher prise. « Si vendredi (aujourd’hui) il n’y a pas d’accord, le projet d’accompagnement social et industriel sera lancé (…) et les avancées obtenues seront perdues », a-t-elle fait savoir.

Une décision contestée par les syndicats, qui soulignent que le CE n’a émis aucun avis sur le plan social. Mais comme le rappelle Ralph Blindauer, « légalement la direction ne peut mettre en application ses mesures tant que le CE n’aura pas donné son avis ». Pour l’avocat, « la balle est désormais dans le camp de la direction ».

Ce bras de fer a relancé la combativité des salariés. Mercredi après-midi, une centaine d’entre eux a spontanément organisé une manifestation dans les rues de Saint-Dizier. Ils sont d’autant plus remontés que le délégué FO de l’usine a reçu des pressions de sa fédération qui « menace de le démettre de son mandat s’il ne signe pas le PSE ». « Ce n’est pas une façon de faire. On est un groupe de travail, tous syndicats confondus », argumente le délégué syndical FO adjoint.

La détermination des Miko devrait donner lieu à des actions dans les jours à venir. Ainsi, le 11 mars, une délégation de salariés et de syndicats de Miko mais aussi d’Unilever (car des menaces pèsent sur d’autres usines du groupe) sera reçu au Parlement européen par le groupe de la gauche unie (GUE). « On ne va pas rester à Saint-Dizier, prévient Ralph Blindauer. On va vers une amplification du conflit à l’échelle européenne. »

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