Liste des auteurs

Alexandra Chaignon | L’Humanité du 03.04.2008

Les Miko repartent en grève

vendredi 4 avril 2008 par Alexandra Chaignon
Agroalimentaire . Les négociations sur le plan de restructuration au sein de l’usine Miko de Saint-Dizier sont « insuffisantes », estiment les salariés.

Les salariés de [Miko-< mot 440] sont repartis en guerre. À la suite d’une assemblée générale faisant le point sur l’état des négociations, hier matin, le personnel a spontanément relancé le mouvement de grève, mettant le feu à plusieurs palettes devant l’usine de Saint-Dizier (Haute-Marne). Ce rebondissement intervient alors que, depuis quelques jours, le dialogue social avait été renoué entre la direction et les syndicats ; ces derniers évoquant même des « avancées intéressantes ».

À ce jour, des litrages supplémentaires ont en effet été obtenus, de même que le maintien d’une ligne de fabrication et quelques modifications du temps de travail. Ces mesures devraient permettre de sauver 74 emplois sur les 254 initialement menacés. Au niveau de la logistique, deux repreneurs sont sur les rangs : l’un des deux, Logi Froid, a la préférence du comité d’entreprise car il conserverait 60 à 70 postes. De son côté, la direction a fait des propositions de reclassement interne : 35 postes seraient disponibles à l’usine Alsa de Ludres. « Dix personnes pourraient être intéressées, estime Hervé Mazelin, le délégué CGT. Si on compte la dizaine de départs volontaires, il reste au final 90 personnes sans solution. »

Là où le bas blesse, c’est au niveau de la prime de départ. « Il n’y a pas le compte », clament les salariés. Aujourd’hui, les indemnités sont fixées à un mois de salaire par année d’ancienneté, avec un plafond de 90 000 euros. « Cela peut paraître beaucoup, mais il faut relativiser, insiste Hervé Mazelin. La majeure partie des salariés a plus de cinquante ans. Pour eux, le licenciement va signifier la fin de leur vie professionnelle. Car ici, il n’y a plus d’emploi. Donc plus lé sera importante, plus leur vie sera protégée jusqu’à la retraite. » « C’est à mettre en parallèle avec la puissance d’Unilever et les bénéfices réalisés ; d’autant que plus Unilever sauvera d’emplois moins il aura d’indemnités à payer », surenchérit Me Ralph Blindauer, l’avocat du comité d’entreprise.

Dans la foulée du piquet de grève, les salariés mécontents ont listé leurs revendications qu’ils entendaient porter à la direction. Parmi elles : le maintien d’une seconde ligne de fabrication, en plus de celle déjà acquise, pour « sauver d’autres emplois » ; l’octroi, en plus de l’indemnité prévue, d’une prime ultraconventionnelle de 60 000 euros non plafonnée ; et « la garantie du maintien de l’emploi sur le site pour les deux ans à venir ».

La relance du mouvement de grève des salariés ne signifie par pour autant que les négociations sont closes. « On peut encore faire bouger la direction », espère Ralph Blindauer qui « mesure le chemin parcouru ». De son côté, la porte-parole d’Unilever France a fait savoir que « les discussions se poursuivaient pour que Miko vive à Saint-Dizier ».

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !