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Alexandra Chaignon | L’Humanité du 17.06.2008

Les « Nexter » disent non à 200 heures de travail en plus

mercredi 18 juin 2008 par Alexandra Chaignon
Le groupe d’armement provoque un conflit en remettant en cause tous les accords d’entreprise sur le temps de travail.

Dès janvier dernier, les syndicats du groupe public d’armement terrestre Nexter (ex-Giat Industries) avaient prévenu : si la direction refuse de « réviser sa position idéologique sur le temps de travail », la négociation va tourner au conflit. C’est exactement ce qui se passe. Mercredi dernier, alors qu’une réunion de négociation sur le temps de travail avait lieu au siège du groupe d’armement, des blocages ont eu lieu sur le site de Roanne (Loire).

Depuis octobre dernier et suite à l’organisation du groupe en filière, la direction a en effet décidé de remettre en cause tous les accords d’entreprise, dont celui sur le temps de travail. Elle propose d’allonger la durée du temps de travail à 218 jours contre 205 actuellement pour les cadres et 201 pour les autres salariés. La réforme éponyme proposée par le gouvernement ne pouvait pas mieux tomber pour cette entreprise totalement en phase avec la politique ultralibérale de Sarkozy.

Concrètement, cela signifierait notamment pour les salariés postés en 2x8 et 3x8 une augmentation conséquente de leur temps de travail. « Pour ceux-là, cela représenterait environ 200 heures de travail de plus par an pour une augmentation de 2,5 %. À l’heure où l’on parle beaucoup de pénibilité, cela serait un recul social considérable, surtout pour une entreprise dont le capital est détenu à 100 % par l’État », déplore Jean-Pierre Brat, délégué CGT au comité central d’entreprise de Nexter.

Dans ce contexte, la mobilisation d’aujourd’hui est d’autant plus primordiale pour les salariés de Nexter qu’ils sont en attente de la présentation demain du Livre blanc sur la défense. Conjugué à la révision générale des politiques publiques (RGPP), ce document - qui contient les grandes lignes de la politique de défense et de sécurité de la France pour les quinze années à venir - pourrait se traduire par la suppression de dizaines de milliers d’emplois. « Autrement dit, un plan social demain », craint Jean-Pierre Brat.

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