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Rosa Moussaoui | L’Humanité le 14.12.2007

Les Vingt-Sept ont paraphé le traité de Lisbonne

dimanche 16 décembre 2007 par Rosa Moussaoui
Europe . Alors que le Conseil européen s’ouvre aujourd’hui, les chefs d’État et de gouvernement ont apposé leur signature hier, à Lisbonne, au bas du traité qui recycle la constitution européenne.

Pour arriver à ce résultat, tous les gouvernements ont fait preuve de courage politique. Je vous invite maintenant à faire preuve de la même détermination pendant la période de ratification. » Décodage de cette mise en garde lancée par le président de la Commission européenne, Jose Barroso, hier, lors de la signature par les Vingt-Sept du traité de Lisbonne : « Attention, ne pas céder à la pression en faveur de consultations populaires. » Réunis pour une cérémonie solennelle au cloître des Jeronimos, les représentants de la Commission, du Parlement, de la présidence portugaise de l’Union, ainsi que les chefs d’État et de gouvernement ont loué un texte qui doit permettre, selon eu, de tourner la page des « non » français et néerlandais au projet de constitution.

PRESSÉ DE CLORELE DÉBAT

« L’Europe est demeurée bloquée, sans savoir comment avancer. On a trouvé la solution avec le traité simplifié », s’est vanté Nicolas Sarkozy, qui devrait défendre au Conseil européen son idée d’un groupe restreint de « sages » chargés de réfléchir à « l’avenir de l’Europe ». Le président français a également confirmé l’échéance du début du mois de février prochain pour soumettre aux députés et aux sénateurs la modification de la Constitution française nécessaire à la ratification par voie parlementaire qu’il a défendue pendant la campagne présidentielle. Présentée par l’UMP comme une « victoire » politique de Nicolas Sarkozy, cette signature entérine, selon le président de la République, un « retour de la France en Europe ». « Maintenant, il faut mettre du contenu, il faut une politique de l’immigration, il faut une politique de l’environnement, il faut une politique de la défense en Europe. C’est ce à quoi on va s’occuper maintenant », a-t-il insisté, pressé de clore un débat sur le traité dans lequel les partisans d’un référendum commencent à donner de la voix, en France mais aussi dans d’autres pays de l’Union.

Une méthode détestable

Dans un appel rendu public hier dans les colonnes de Libération, d’anciens opposants au projet de constitution européenne constatent que « les gouvernements et les institutions de l’Union semblent avoir fait leur deuil d’une adhésion populaire à la construction européenne ». « Nous pensons au contraire que l’avenir de l’Europe exige le débat public le plus large pour impliquer les citoyens, affirment-ils. C’est parce que nous sommes favorables à une Europe démocratique, garantissant des droits sociaux de haut niveau pour tous ses habitants, une Europe solidaire des peuples du monde, que la méthode employée pour imposer ce nouveau traité nous paraît détestable. » De son côté, le PCF a dénoncé, à propos de la signature du traité, « la morgue revancharde et méprisante des élites vis-à-vis des peuples ». « Le mini-traité, juge-t-il, renforce tous les caractères négatifs de la constitution rejetée. »

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