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Un article de C. Du. paru dans Le Monde du 20 aout 2005

Les banques procèdent à de multiples petites acquisitions

samedi 20 août 2005

La banque égyptienne Misr International Bank a accepté, vendredi 19 août, la proposition de la Société générale ­ devant celle de BNP Paribas ­ d’en acquérir entre 75 % et la totalité à 43,2 livres égyptiennes (6,15 euros) par action. De toutes les banques françaises, ces deux-là se sont montrées les plus actives à l’international, depuis le début de l’année.

BNP Paribas s’est surtout illustré aux Etats-Unis avec la reprise, pour 1,12 milliard d’euros en juin, du réseau bancaire Commercial Federal. Cette acquisition porte à 739 agences (4 millions de comptes dans 20 Etats) la présence du groupe français dans la banque de détail aux Etats-Unis.

La Société générale, déjà très présente en Europe de l’Est (elle y réalise les deux tiers de ses revenus en banque de détail à l’étranger), n’a cessé de déplacer sa "frontière" vers l’Est et le pourtour du bassin méditerranéen.

Depuis janvier, elle a procédé à une série de petites acquisitions, sur les métiers des financements spécialisés, en Pologne (Eurobank), en Russie (Promek Bank, DeltaCredit Bank) ou en Italie (Finagen, racheté à Generali). Le Crédit agricole, lui, s’est concentré sur de petites acquisitions au Portugal et en République tchèque. A l’avenir, l’ouverture du marché financier chinois pourrait aiguiser l’appétit des établissements français.

Leurs stratégies ? Trouver des relais de croissance, notamment dans la banque de détail, dans des pays en pleine transition économique. Elles entendent mener une politique de croissance "financièrement disciplinée", comme l’avait annoncé Baudoin Prot dès sa nomination au poste d’administrateur directeur général de BNP Paribas, en mai 2003. "La stratégie déclarée est de progresser sur de petites opérations, payées en liquide et non en titres", confirme un analyste. Les montants, s’ils sont rarement dévoilés, ne sont pas négligeables. "Selon nos estimations, la Société générale consacre entre 800 millions et 1 milliard d’euros par an à des acquisitions, précise l’analyste. C’est environ 2 milliards d’euros dans le cas de la BNP."

"PRÉDATRICES OU PROIES"

Resteront-elles à distance des grandes fusions transfrontalières européennes, que certains prédisent dès cette année ? Après l’offensive de l’italien Unicredito sur l’allemand HVB, le marché bruit de rumeurs. Début août, il a parié quelques heures sur un mariage entre BNP Paribas et Commerzbank, le troisième établissement allemand coté. Le groupe français a refusé de commenter.

"Les banques françaises n’ont pas de problème de taille critique, assure Elisabeth Grandin, analyste chez Standard & Poor’s. Leur situation financière est bonne. Elles n’ont pas l’obligation de se lancer dans de grandes acquisitions pour se maintenir à flot. Mais si des concurrentes européennes de taille équivalente se rapprochaient, les françaises seraient davantage sous pression."

Un analyste précise que "les banques ne peuvent pas, au contraire d’autres secteurs de l’industrie et des services, recourir à un fort endettement pour acquérir des concurrentes, et ce pour respecter les normes d’équilibre financier du secteur. Dans leur cas, toute offre publique d’achat ambitieuse nécessite une augmentation de capital, pas facile à vendre à leurs actionnaires".

L’économiste Olivier Pastré continue de croire à des opérations d’envergure. "Dans les mois qui viennent, les banques européennes, y compris françaises, seront prédatrices ou proies", assure-t-il, ajoutant que, à l’exception de l’Allemagne et de l’Italie, les industries bancaires nationales se sont toutes restructurées. "Aujourd’hui, nous avons la monnaie unique, mais pas de banque présente partout en Europe, poursuit-il. Or le système bancaire américain s’est concentré. Les banques américaines pourraient être tentées d’aller voir ailleurs."

Et de rappeler que la capitalisation boursière de Citigroup (228 milliards de dollars) est bien plus importante que celles des grandes banques européennes (52 milliards d’euros pour BNP Paribas et 38 milliards d’euros pour la Société générale).

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