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Un article de Cécile Calla paru dans Le Figaro du 24 janvier 2006

Les énergies propres coûtent 1,50 euro par mois à chaque ménage allemand

mardi 24 janvier 2006 par Cécile Calla
Le ministre de l’Economie, Michael Glos (CSU), et le ministre de l’Environnement, Sigmar Gabriel (SPD), s’affrontent sur l’avenir du nucléaire.

« LES ÉNERGIES renouvelables sont une véritable success story. » Pour le ministre allemand de l’Environnement, Sigmar Gabriel (SPD), il n’y a pas l’ombre d’un doute : les énergies propres sont la voie royale pour assurer l’indépendance énergétique de l’Allemagne. Pour justifier cette affirmation, le ministre a présenté la semaine dernière un rapport sur le développement des énergies renouvelables.

Selon cette étude, l’électricité produite par les éoliennes, les centrales solaires ou encore la biomasse représentera d’ici à 2020 jusqu’à 25% de l’approvisionnement en énergie, contre 10% aujourd’hui. Elle permettra d’éviter l’émission de 110 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Le tout à un coût abordable.

D’après le rapport, les énergies propres représentent en moyenne pour chaque foyer allemand un coût de 1,50 euro par mois. « Ce n’est pas grand-chose pour un investissement d’avenir », souligne le ministre, qui poursuit : « Ce n’est pas le remplacement du gaz par l’uranium qui sécurisera l’approvisionnement énergétique. »

Débat sur l’énergie nucléaire

A ce propos, le conflit entre la Russie et l’Ukraine autour du prix du gaz a relancé en Allemagne un virulent débat sur l’énergie nucléaire. Le ministre de l’Économie Michael Glos (CSU) et le ministre de l’Environnement Sigmar Gabriel (SPD) se livrent depuis plusieurs semaines une bataille sans merci. Le premier, soutenu par un grand nombre d’élus de la CDU-CSU, réitère à toute occasion la nécessité d’une extension de période d’activité des centrales nucléaires.

Impassible, le social-démocrate brandit l’accord de sortie du nucléaire signé en 2000 et défend le recours aux énergies renouvelables et aux économies d’énergie. En vertu de l’accord signé en 2000 par le précédent gouvernement, les dernières centrales nucléaires allemandes devront être mises à l’arrêt en 2021.

Respect du traité de Kyoto

Or, de l’avis de nombreux experts, il n’est pas sûr que l’Allemagne soit en mesure de compenser cette perte d’énergie par une solution qui respecte les engagements pris dans le cadre du traité de Kyoto. C’était d’ailleurs l’argument utilisé par la CDU-CSU pendant la campagne électorale pour réclamer un rallongement de la vie des centrales nucléaires. Faute d’un compromis avec le SPD, les deux partis de la grande coalition ont finalement décidé de s’en tenir à l’accord sur la sortie du nucléaire.

Par ailleurs, le conflit russo-ukrainien a souligné la dépendance énergétique de l’Allemagne. Les besoins énergétiques allemands sont couverts aux deux tiers par des importations. Aussi, pour sécuriser l’approvisionnement de l’Allemagne, le ministre de l’Économie plaide pour un concept mixte incluant le nucléaire. Toutes ces questions feront l’objet d’ultimes débats lors d’un sommet de l’énergie qui se tiendra au printemps.

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