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Un article de Fanny Doumayrou paru dans l’humanité du 15 octobre 2005

Les métallos dénoncent la fin des préretraites amiante

samedi 15 octobre 2005 par Fanny Doumayrou

Depuis deux ans et à travers des critères devenus politiques, le gouvernement bloque l’inscription des entreprises sur la liste ouvrant aux salariés exposés à l’amiante le droit à un départ anticipé.

Cette journée de mobilisation sur l’amiante commence dès ce matin avec un rassemblement organisé par la métallurgie CGT pour contester le blocage par le gouvernement du système de préretraite amiante. Ce dispositif a été créé en 1999 sous la pression de salariés exposés au poison. Compte tenu du risque qu’ils avaient de développer une maladie, et voyant des collègues décéder avant soixante ans, ceux-ci considéraient comme une juste réparation le fait de pouvoir bénéficier d’un départ anticipé en retraite, au cas où... La loi prévoit une allocation de préretraite, financée par la branche accidents du travail-maladies professionnelles de la Sécu, équivalant à 65 % du salaire brut. Deux cas de figure : un salarié atteint d’une pathologie liée à l’amiante peut partir dès cinquante ans en préretraite. Les salariés exposés mais non malades peuvent partir seulement si leur entreprise est inscrite sur une liste établie par le ministère du travail. L’âge de départ est anticipé du tiers de la durée d’exposition : un salarié exposé quinze ans pourra partir cinq ans avant soixante ans, donc à cinquante-cinq ans.

Pour les entreprises produisant de l’amiante ou en utilisant massivement, l’inscription sur la liste était incontournable. Depuis, la gestion des dossiers répond à des critères plus politiques qu’objectifs. Le ministère inscrit les entreprises lorsque les salariés se mobilisent fortement, ou bien lorsque l’employeur le souhaite pour supprimer des effectifs sans licencier... Mais depuis deux ans, il rejette presque tous les dossiers, malgré la mobilisation de salariés, et malgré des avis favorables des directions régionales du travail et des CRAM, après enquêtes. C’est le cas de sites Alstom, Renault, Renault-trucks à Lyon (ex-RVI), Chaffoteaux et Maury, de fonderies, d’entreprises de sidérurgie comme la Sollac à Dunkerque, etc. « Le gouvernement a visiblement décidé de mettre fin à ce dispositif, qui selon lui coûte trop cher et risque de faire tache d’huile dans d’autres secteurs pénibles, déplore Yves Bongiorno, de la métallurgie CGT. Oui, cela a un coût, mais ce n’est que justice pour réparer le risque de vie raccourcie pour ces salariés. »

La CGT organise chaque année un rassemblement sur ce thème, qui réunit près de 1 000 salariés de toute la France. Ce matin, ils se retrouvent à 11 heures à l’angle du boulevard des Invalides et de la rue de Sèvres. Une délégation doit être reçue au - ministère du Travail. Les - manifestants iront ensuite défiler derrière les veuves de - Dunkerque.

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