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EMMANUELLE LANGLOIS - Libération le 13.01.2009

Les mines déconfites des géants du minerai

mardi 13 janvier 2009 par Emmanuelle LANGLOIS
Canada . La chute de la demande mondiale inquiète l’industrie.

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Année noire en perspective pour les industries minières canadiennes, confrontées à l’effondrement du cours des matières premières et à la chute de la demande mondiale. Les géantes Vale Inco, Xstrata Canada et Rio Tinto Alcan ont déjà renoncé à des projets d’expansion et supprimé des emplois. Lundin Mining ou First Nickel ont, elles, temporairement fermé leurs mines les moins lucratives. « Quand les prix des matières premières s’envolent, on assiste à la réouverture d’anciennes mines moins rentables, résume Jean-Thomas Bernard, du département économie de l’université Laval. Lorsque les cours s’effondrent, elles mettent la clef sous la porte… »

Uranium. Tous les métaux voient leur cours plonger : zinc, aluminium, cuivre, fer, or. Même le charbon, que l’on retrouve en Colombie-Britannique, ou l’uranium de la province de la Saskatchewan (25 % de la production mondiale). « La surenchère à laquelle nous assistions depuis 2001 n’était pas justifiée, estime le chercheur.Les constructions de nouvelles centrales en France ou en Russie ne légitimaient pas cette frénésie. » Un principe de réalité qui a poussé Areva à reporter l’ouverture de sa mine Midwest, prévue en 2010. L’augmentation significative des coûts d’exploitation et l’écroulement du prix du minerai (la livre d’uranium s’échangeait 95 euros en 2007 contre 42 euros fin 2008) ont en effet rendu incertaine la rentabilité du projet.

Le géant anglo-australien Rio Tinto a, de son côté, annoncé la suppression de 14 000 emplois dans le monde et le gel d’investissements, dont ceux de sa filiale québécoise Rio Tinto Alcan (RTA) au Saguenay-Lac-Saint-Jean (Québec) et à Alma (Nord), alors que l’industrie de l’aluminium rapporte des milliards dans la Belle Province.

De quoi inquiéter. Le président du Syndicat national des employés de l’aluminium, Alain Gagnon, dénonce ainsi toute fermeture « sauvage ». S’il reconnaît « que le prix de l’aluminium a subi une baisse majeure depuis trois mois », il appelle aussi à tenir compte d’un « contexte économique local différent ». La filiale de Rio Tinto produit en effet 85 % de son aluminium avec de l’électricité qu’elle fabrique au coût de 9 dollars (6,70 euros) le mégawatt, alors que les autres alumineries achètent leur électricité à Hydro-Québec - le fournisseur national - à 44 dollars (32,80 euros). Une différence de poids.

Partenaires. L’effondrement des matières premières va-t-il durer ? Stéphane Marion, économiste en chef de la Financière banque nationale, estime qu’il « serait étonnant qu’elles ne repartent pas à la hausse d’ici la fin 2009 ». D’autant que le Canada semble pour l’instant mieux résister à la crise que les autres pays du G8. « Nous entrons dans cette récession plus tard, a assuré, jeudi, le Premier ministre, Stephen Harper. Elle ne sera pas aussi profonde ici [qu’ailleurs] et nous devrions pouvoir en sortir plus vite. » C’est davantage la santé économique de ses partenaires commerciaux qui préoccupe le pays. « Les Etats-Unis accueillent 85 % des exportations », rappelle Stéphane Marion.

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