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Un artice de Sonia Stolper paru dans Le Figaro du 16 juin 2006

Les nuages s’accumulent sur l’économie britannique

vendredi 16 juin 2006 par Sonia Stolper
CONJONCTURE La hausse du chômage et l’évolution du marché immobilier menacent le réveil de l’économie, qui a enregistré l’an dernier son plus faible taux de croissance en treize ans.

LE DOUTE ne semble pas effleurer Gordon Brown, le puissant chancelier de l’Échiquier, candidat à la succession de Tony Blair. « La croissance de l’économie britannique va se renforcer au cours de la seconde partie de l’année », a-t-il récemment assuré devant les députés réunis à Westminster.

Il n’empêche, les économistes britanniques soulignent l’émergence d’une série de signaux de faiblesse inquiétants.

Le taux de chômage augmente régulièrement. En mai, il a atteint 5,3% (selon les normes du Bureau international du travail (BIT) . Supérieur aux attentes, il se retrouve aujourd’hui à son plus haut niveau depuis quatre ans.

Ralentissement en vue

Cette hausse, mais aussi le niveau d’endettement préoccupant des ménages , l’envolée des factures de gaz, d’eau et d’électricité et le ralentissement attendu de la consommation privée préoccupent les analystes.

La publication hier des ventes de détail en mai les a heureusement surpris, avec une augmentation en volume de 0,5% par rapport à avril, et de 4% en glissement annuel. Mais, pour Howard Archer, économiste en chef chez Global Insight, ces chiffres sont incontestablement stimulés par la Coupe du monde de football, qui a suscité une ruée sur les produits dérivés, mais également sur les biens d’équipement comme les télévisions à écran plat. Or, ce coup de fouet a peu de chances de durer au-delà du 9 juillet, date de la finale du tournoi.

Pour Thomas Aubrey, chef du département d’Investment Management chez Thomson Financial, le marché immobilier reste une autre « donnée très importante de l’économie britannique ». Or, ce marché, « toujours plutôt dynamique à Londres, où vivent les plus hauts salaires, marque le pas dans le reste du pays », estime-t-il. Une situation qui pourrait s’aggraver en cas de relèvement « probable » des taux d’intérêt. Pour lui, « les statistiques les plus récentes suggèrent que nous nous rapprochons clairement d’une période de ralentissement de l’économie britannique ».

Dans un de ses trois discours annuels, le gouverneur de la Banque d’Angleterre (BoE) Mervyn King a lui-même laissé entendre que l’économie britannique se trouvait face à « un bout de route plus chaotique » et que l’inflation restait très « volatile ». La hausse des prix s’est accélérée en mai, passant à 2,2%, son plus haut niveau depuis octobre 2005, au-dessus du seuil des 2% ciblé par la banque centrale. De là à en déduire qu’elle pourrait très prochainement relever son taux de 4,5%, gelé à ce niveau depuis dix mois, il n’y a qu’un pas.

Tous ne le franchissent pas. Howard Archer table sur un taux de croissance de l’économie de 2,4% en 2006 et 2,6% en 2007, après + 1,8% l’an dernier, la pire performance depuis treize ans. Il estime que « l’inflation reste largement maîtrisée. Même s’il faut s’attendre à terme à une hausse des taux d’intérêt, je ne pense pas que le mouvement se fera avant plusieurs mois. En dépit de tout, comparée au reste du monde et plus particulièrement à la zone euro, l’économie britannique reste plutôt prospère ».

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