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Paule Masson | L’Humanité du 19.04.2008

Les « petits » syndicats travaillent à unir leurs forces

lundi 21 avril 2008 par Paule Masson

Syndicalisme . La CFE-CGC et l’UNSA veulent créer un deuxième pilier réformiste, à côté de la CFDT. Une recomposition du paysage paraît inévitable.

« Un syndicaticide. » Jacques Voisin ne mâche pas ses mots pour commenter la « position commune » sur la représentativité syndicale qui propose à l’avenir de définir la représentativité des syndicats à partir du vote des salariés dans les entreprises. Le président de la CFTC est fou de rage : « Le MEDEF, la CGT et la CFDT se rendent responsables d’un Yalta du syndicalisme qui va faire table rase du passé et installer une bipolarisation de la vie syndicale. » Unanimement, le conseil confédéral de la centrale chrétienne a décidé de « ne pas engager » sa signature. Même si, dans un ultime marchandage, le négociateur de la CFTC, Philippe Louis, était parvenu à faire baisser le seuil d’audience à 8 % (au lieu de 10 %) dans les branches, au niveau interprofessionnel, pour devenir représentatif et obtenir une place à la table des négociations, cela n’aura pas suffi.

À terme, la CFTC, un des plus anciens syndicats en France, est menacée de disparaître du paysage en tant que confédération représentative des salariés.

Officiellement, il n’y a pas de discussion engagée avec d’autres syndicats, Jacques Voisin expliquant tout de même que cette « situation va nous amener à renforcer les coopérations ». En réalité, l’idée d’une « union des petits » fait son chemin. Tout le monde reconnaît aujourd’hui qu’une recomposition du paysage est inévitable. Le comité directeur de la CFE-CGC a confirmé hier ce qui était officieux depuis lundi : trente-sept voix sur quarante-cinq ont donné mandat à la direction confédérale pour « poursuivre l’exploration de rapprochements possibles entre la CGC et d’autres organisations, sans exclusive », a commenté hier Bernard Van Craeynest, président de la confédération. Pour lui aussi, l’introduction d’un critère d’audience dans la reconnaissance de la représentativité amène à une « déconstruction du syndicalisme ». De ce fait, la CFE-CGC ne signera pas la « position commune ».

Menacée elle aussi, son obsession aujourd’hui est « de ne pas laisser prise à l’idée qu’on va disparaître », avoue Bernard Van Craeynest. Elle entend donc contribuer à « construire un deuxième pilier réformiste », à côté de la CFDT, pour l’heure jugée trop « hégémonique » pour être concernée par le processus. Dans un premier temps, c’est avec l’UNSA qu’une fusion pourrait voir le jour, à terme non défini même si « le plus tôt sera le mieux », plaide le président de la confédération des cadres. Dans son esprit, cette union pourrait comprendre la CFTC. « Nos organisations partagent les mêmes valeurs. Cela serait utile de se parler », avance- - -

t-il- . Parmi ces valeurs dominent celles de « la reconnaissance de l’économie de marché, de la mondialisation de l’économie, de la construction européenne et de la prise en compte de la voix des salariés dans ce contexte », développe le président de la CGC. Avec FO, « nous n’en sommes pas là », a-t-il précisé. La porte n’est pas fermée.

Les premières discussions entre l’UNSA et la CGC ont eu lieu il y a deux mois, fin février, entre les membres des secrétariats de ces organisations. Dans le plus grand secret, donc, le comité directeur prévu hier devant lancer le processus au sein des fédérations. Les fuites ont par conséquent provoqué « un petit tremblement de terre ». Qui ne semble pas entamer la détermination du numéro 1 de la CFE-CGC, convaincu qu’on « est dans une phase de grand chamboule-tout ».

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