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Christiane Galus | Le Monde le 7 mars 2007

Les pompes à chaleur séduisent les Français

mercredi 7 mars 2007 par Christiane Galus

La France possède un trésor géothermique dans son sous-sol, dont elle n’exploite qu’une infime partie. Il pourrait être mieux utilisé pour le chauffage, qui représente 30 % de la consommation énergétique du secteur tertiaire et 75 % de celle du secteur résidentiel.

Le Bassin parisien, par exemple, recèle cinq grands réservoirs géothermiques d’eau chaude, dont le Dogger, qui offre des températures de 56 0C à 85 0C à 1 800 mètres de profondeur et qui alimente des réseaux de chaleur urbains. Le Bassin aquitain est lui aussi bien doté, de même que d’autres régions.

L’eau n’est pas la seule source de calories possible. Il est en effet tout à fait possible d’exploiter la chaleur "sèche" du sol, accessible dans tous les points du territoire, même si la température n’est pas très élevée. Dans notre pays, elle est de 14 0C et s’élève de 4 0C tous les 100 mètres. Cette chaleur, recueillie sous la maison par des tubes placés horizontalement ou verticalement, peut être portée à la température de chauffage nécessaire au moyen d’une pompe à chaleur géothermique (PAC). Désireux de promouvoir cette technologie, le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a organisé un colloque sur ce sujet le 8 février à Orléans.

Les capteurs horizontaux, installés à 60-80 cm de profondeur, équipent souvent les constructions neuves plutôt que les anciennes, car il est nécessaire de retourner le jardin pour les placer. Les tubes verticaux plongent jusqu’à 80 mètres pour capter la chaleur du sol, ou de l’eau, si l’on a la chance d’être placé au-dessus d’une petite nappe, dont la température peut varier de 12 0C à 30 0C.

Ensuite, un fluide caloporteur amène les calories du sol jusqu’à la pompe à chaleur géothermique, installée quant à elle dans la maison. Cet appareil porte la chaleur jusqu’à une température de 35 0C, puis l’abaisse à 28 0C pour chauffer un plancher ou des radiateurs basse température. Le gros intérêt de ce système est qu’il peut, au moyen d’une petite adaptation, se transformer en climatiseur en été.

Portés par la demande, les PAC sont en plein développement en France. Selon l’Association française pour les pompes à chaleur, leur nombre serait passé de 1 700 en 1997 à 25 200 en 2005 et devrait s’élever à 500 000 en 2010. Les particuliers équipés d’une pompe à chaleur géothermique sont en général satisfaits. Mais, pour trouver la meilleure solution, il vaut mieux être conseillé par un bureau d’études. "Il faut compter en moyenne 15 000 euros, capteurs compris, pour équiper une maison de 130 m2", explique Jean-Luc Dufresne, directeur commercial de la société France Géothermie. A cela il faut ajouter le coût du terrassement : 1 500 euros pour les capteurs horizontaux et 140 euros le mètre linéaire pour les capteurs verticaux.

M. et Mme Mauger, propriétaires d’une maison à Saint-Lô (Manche), utilisent l’énergie géothermique pour chauffer le rez-de-chaussée et le premier étage de leur maison, soit une surface habitable de 200 m2. L’installation de capteurs horizontaux sur deux niveaux (30 cm et 60 cm de profondeur) ainsi que la pompe à chaleur ont représenté un investissement de 15 000 euros. Grâce à un crédit d’impôt de 40 %, leur équipement sera rentabilisé en six ou sept ans. Chauffés par géothermie depuis septembre 2006, ils sont très satisfaits, car la chaleur dégagée est très agréable et l’air moins sec qu’avec un chauffage électrique.

Reste cependant, comme l’ont souligné plusieurs intervenants au colloque du BRGM, à bien organiser la filière pour fournir aux particuliers et aux entreprises des garanties de qualité tant au niveau du chauffage que des forages. De cette manière, la France rattrapera peut-être son retard par rapport aux autres pays européens. Actuellement, seulement 8 % des logements neufs sont équipés en géothermie dans notre pays, contre 95 % en Suède et 65 % en Suisse. Pourtant, ce type de chauffage émet moins de gaz carbonique que les autres procédés et consomme moins d’énergie. Pour chauffer une maison de 130 m2, le fioul émet 4 tonnes de CO2 par an, le gaz 2,8 tonnes, le chauffage électrique 1,9 tonne, le solaire 1,8 tonne et le chauffage géothermique utilisant une pompe à chaleur seulement 1 tonne.

En savoir plus : www.geothermie-perspectives.fr, le site commun au BRGM et à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) donne beaucoup d’informations sur la géothermie et ses enjeux.

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