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Sébastien Crépel | L’Humanité du 4 avril 2007

Les profits des entreprises moyennes explosent

mercredi 4 avril 2007 par Sébastien Crépel
Les 210 sociétés classées derrière les stars du CAC 40 affichent des records de hausse de leurs bénéfices.

es profits du CAC 40 ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Derrière les quarante plus grosses sociétés françaises qui affichent des bénéfices faramineux pour 2006 (environ cent milliards d’euros), deux cent dix autres entreprises « moyennes », recensées dans l’indice SBF 250, moins connues du public, affichent, elles aussi, une solide santé financière, selon le quotidien les Échos d’hier. Elles se paient même le luxe d’afficher 21 % de hausse de leurs résultats par action, contre 7 % pour les stars du CAC 40. Le cumul s’élève à vingt milliards d’euros.

De quoi relancer le débat politique sur l’orientation de l’argent à la veille de l’élection présidentielle. La semaine dernière, Ségolène Royal a déclaré à l’hebdomadaire Challenges vouloir « sortir de l’idéologie punitive du profit ». Un propos malvenu, d’autant que ces résultats servent avant tout à soutenir la rentabilité boursière des entreprises concernées. Or les entreprises les plus performantes citées par les Échos obtiennent ces résultats sur le dos de l’emploi et des salaires. Chez la société de transport Norbert Dentressangle, connue pour jouer de la concurrence salariale avec les chauffeurs de l’Europe de l’Est, un plan social visant 80 personnes a déclenché la colère des salariés (l’HD du 16 mars 2006). Du côté du groupe Bongrain, les employés de la Compagnie laitière européenne, l’une de ses filiales, ont été contraints à la grève pour obtenir leur dû (paiement d’une prime de 300 euros, pour compenser des pertes de pouvoir d’achat, et augmentation de 30 euros pour tous). Chez Nexans, dont le titre a bondi en Bourse, un plan de suppression de dizaines d’emplois a été mis en oeuvre à Chauny (Aisne). Quant à Natixis, dont les bénéfices sont mirobolants (2,2 milliards en 2006), sa création a donné lieu à des primes extravagantes pour les dirigeants de la Caisse d’épargne alors que les salaires sont au plus bas (l’Humanité du 22 février). Mention spéciale, enfin, pour Technip (pétrochimie), dont les profits grimpent de 114 %, mais où la direction se refuse à une augmentation des salaires pour tous et au versement d’une prime au personnel, dénonce la CGT.

Ces exemples apportent de l’eau au moulin d’une gauche qui appelle à ne pas reculer devant la toute-puissance des actionnaires, à l’instar de Marie-George Buffet. La candidate de la gauche populaire propose une réforme fiscale comprenant la taxation des revenus du capital et des transactions financières, la modulation de l’impôt sur les sociétés selon l’utilisation des bénéfices, et l’extension des pouvoirs des salariés à toutes les décisions essentielles.

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