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Un article de Marie Visot paru dans Le Figaro du 19 novembre 2005

Les ressorts du rebond de la croissance

samedi 19 novembre 2005 par Marie Visot
CONJONCTURE Les composantes de la croissance au troisième trimestre incitent les économistes à la prudence. Thierry Breton affiche sa confiance.

C’EST confirmé. La croissance française a bien progressé de 0,7% au troisième trimestre, marquant un net rebond par rapport à la quasi-stagnation du deuxième, selon les chiffres publiés hier par l’Insee, une semaine après son estimation précoce. Quel que soit l’impact de la remontée prochaine des taux annoncée hier par Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), la France est donc assurée d’une progression du produit intérieur brut (PIB) d’au moins 1,4% cette année - et non pas 1,5% comme encore anticipé jeudi dernier. « La croissance revient. On sera effectivement entre 1,5% et 2% » en 2005, s’est de nouveau félicité hier le ministre de l’Economie, Thierry Breton. Mais les experts ne la voient pas dépasser de beaucoup 1,5%. Le dernier Consensus Forecasts, publié en début de semaine, table sur le chiffre de 1,6%.

Pour la première fois depuis longtemps, « la croissance est équilibrée sur le troisième trimestre », remarque Nicolas Claquin, économiste chez HSBC. Ce redémarrage de l’activité a été soutenu en premier lieu par une forte poussée des dépenses de consommation des ménages (en hausse de 0,7% sur le trimestre après un recul de 0,1% au deuxième), et de l’investissement des entreprises (qui bondit de 1,1% après avoir reculé de 0,9% le précédent).

Pour la première fois depuis deux ans, les échanges extérieurs ont également contribué positivement à l’activité (à hauteur de 0,2 point de PIB), les exportations se redressant plus vivement que les importations.

Au-delà de la baisse de l’euro, ce mouvement est « probablement lié pour partie au redressement de l’activité ailleurs en Europe, notamment en Allemagne, ainsi qu’à un stockage moins excessif », en déduit Jean-Marc Lucas, économiste chez BNP-Paribas.

Soutien de l’Etat

Aujourd’hui, si les experts prévoient donc une accélération de l’activité l’an prochain, la prudence reste de mise.

D’abord, parce que le rebond de croissance du troisième trimestre est avant tout « technique ». En d’autres termes, il était inévitable après la contre-performance des trois mois précédents.

Ensuite, parce que cette amélioration s’explique aussi par un fort soutien de l’Etat : la consommation des administrations publiques a augmenté de 1,2%, leurs investissements de 0,8%.

En outre, entre l’absence de redressement significatif des effectifs salariés, la faiblesse des marges de manoeuvre budgétaires, le niveau encore élevé des variations de stocks, des investissements que les industriels anticipent à la baisse, il est encore un peu tôt pour affirmer que le rythme de croissance atteint à l’automne est soutenable. Selon l’expression de Marc Touati, chez Natexis Banques populaires, « le jour de gloire n’est donc pas encore arrivé »... Le ministre de l’Economie, lui, compte bien sur un nouveau regain de croissance l’an prochain - qu’il évalue entre 2% et 2,5% -, notamment pour faire passer le déficit public en dessous du seuil des 3% du PIB.

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