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Un article de Cécile Prudhomme paru dans Le Monde du 20.09.05

Les résultats des entreprises sont rarement conformes aux prévisions

mardi 20 septembre 2005 par Cécile Prudhomme

Les entreprises respectent-elles leurs objectifs de résultat pour l’année ? Pas vraiment, si l’on en croit une étude que publie, lundi 19 septembre, le cabinet britannique d’étude et de conseil Parson Consulting.

Ces experts ont comparé le bénéfice net par action ­ le bénéfice rapporté au nombre d’actions ­ publié par les entreprises françaises en 2004 (celles de l’indice SBF 120), britanniques (celles du Footsie 100) et américaines (celles du S & P 500) aux résultats qui étaient attendus par le consensus des analystes financiers. L’étude ne juge pas la qualité du travail des analystes financiers et la considère comme le reflet des indications données par l’entreprise.

Le cabinet d’étude part du postulat que les données prévues par les analystes financiers collent parfaitement aux prévisions de résultats des entreprises elles-mêmes, car "les analystes sont en contacts étroits avec les sociétés qui les guident dans leurs prévisions, justifie Philippe Berger, directeur général de Parson en France . Les informations qui leur permettent d’établir leurs prévisions de résultats leur sont données par les entreprises elles-mêmes".

Premier constat de l’étude : en 2004, seulement 4 % des entreprises françaises ont atteint, à plus ou moins 1 % d’écart, le bénéfice par action prévu par les analystes financiers. Et les deux tiers des groupes cotés s’en écartent de 10 %.

Par ailleurs, dans 59 % des cas, le bénéfice par action se révèle supérieur aux anticipations. En 2004, les entreprises françaises auraient ainsi fait preuve d’une grande prudence, sous-estimant leur résultat définitif. Serait-ce une démarche volontaire de la part des entreprises pour ne pas décevoir les marchés financiers et obtenir un accueil favorable de la Bourse ?

Si tel est le cas pour certaines, il s’agit d’un mauvais calcul. Dans la majorité des cas, les entreprises qui n’atteignent pas les prévisions sont sanctionnées par les marchés financiers au travers d’une réaction défavorable de leur cours de Bourse, et même dans le cas où les résultats sont bien meilleurs que prévu. Dans 51 % des cas, le cours de Bourse de l’entreprise baisse après la publication des résultats si ceux-ci diffèrent des attentes, qu’ils soient supérieurs ou inférieurs. Et dans 67 % des cas, l’action de l’entreprise s’apprécie lorsque les résultats sont conformes aux attentes.

ENCORE DES EFFORTS À FAIRE

Seul bémol, l’étude qui s’appuie strictement sur les données chiffrées n’intègre pas le fait que le cours de Bourse réagit également, au moment de l’annonce des résultats par l’entreprise, aux indications verbales qu’elle donne sur les perspectives futures de ses résultats.

L’étude révèle aussi des bons et des mauvais élèves parmi les secteurs d’activité. Ainsi, aucune des sociétés françaises des secteurs de la "chimie et énergie", de la "défense et industrie", et de la "santé et pharmacie" n’a atteint le bénéfice par action attendu par les marchés.

Chez les anglo-saxons, les résultats sont à peine meilleurs : 7 % des sociétés du Footsie 100 en Grande-Bretagne ont publié des résultats conformes aux prévisions, et 8 % des entreprises aux Etats-Unis. 64 % des sociétés britanniques les ont dépassés et 61 % des américaines.

La fiabilité des prévisions est par ailleurs en baisse : en 2003, 9 % des entreprises anglaises avaient atteint les objectifs et 20 % aux Etats-Unis. Les données pour 2003 ne sont pas disponibles pour la France, car elle intègre pour la première fois cette étude, démarrée il y a deux ans. Au niveau des secteurs chez les Anglo-saxons, les bons élèves sont la "santé et pharmacie" en Grande-Bretagne et les services financiers, les "biens de consommation et distribution" aux Etats-Unis. En revanche, aucune des entreprises britanniques du secteur des services financiers, et aucune du domaine "défense et industrie" n’ont atteint le bénéfice par action qui était attendu.

Cette étude permet de conclure que les entreprises ont encore des efforts à faire dans le domaine de la transparence et de la précision de leurs objectifs de résultats envers la communauté financière. Elle pourra être utilisée par les cabinets ­ tel Parson Consulting ­ qui effectuent des missions de conseil auprès des entreprises, pour défendre l’idée que les sociétés doivent améliorer leur communication et l’organisation de leur direction financière pour faire remonter leur cours de Bourse. A moins qu’elle ne démontre les limites de l’analyse financière.

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