Liste des auteurs

Alexandra Chaignon | L’Humanité du 31.03.2008

Les salariés d’Arcelor Gandrange sous la menace

mardi 1er avril 2008 par Alexandra Chaignon
Industrie . Dans le courant de la semaine, la direction d’Arcelor Mittal devrait confirmer son plan de restructuration, qui prévoit la suppression de 595 emplois sur le site de Gandrange.

Pour Arcelor Mittal, le sort des salariés du site de Gandrange (Moselle) est scellé. La direction devrait confirmer cette semaine son plan de restructuration de l’usine, qui prévoit la fermeture de l’aciérie électrique et du train à billettes. Plan qui aboutirait de facto à la suppression de 595 emplois sur 1 108 d’ici à 2009. L’annonce devrait être faite le 4 avril, lors d’une réunion extraordinaire du comité d’entreprise. « La comparaison avec le projet initial et ses développements conduira, après l’avis donné par le comité d’entreprise, à la décision de l’entreprise », indique la direction dans la convocation faite aux élus du CE. « Nous avons envoyé une lettre au comité d’entreprise avec des réponses aux questions et des commentaires sur le projet alternatif (proposé par l’intersyndicale - NDLR) », a précisé un porte-parole d’Arcelor Mittal, tout en affirmant que « Gandrange reste une partie intégrante du groupe ».

« Jusqu’à début avril. » C’est le temps que s’était donné le patron du groupe, Lakshmi Mittal, après avoir été reçu par le président de la République, Nicolas Sarkozy, pour examiner les « alternatives » des syndicats. Les propositions du contre-projet présenté par l’intersyndicale prévoyaient notamment un investissement de l’ordre de 40 millions d’euros pour éviter la restructuration. Une idée « démontée » par la direction d’Arcelor. « Ils se sont moqués de nous, ils ont programmé une mort lente pour le site. C’est un non-sens industriel », dénonce Édouard Martin, élu CFDT au comité d’entreprise européen du groupe, interrogé par l’AFP. « En confirmant cette décision, Mittal valide son complot contre Gandrange, mûri pendant trois ans. »

Pour le syndicaliste, il est urgent que les pouvoirs publics interviennent. « Si l’État a un plan pour sauver Gandrange, c’est maintenant ou jamais. » Un constat partagé par Serge Jurzak, délégué CGT d’Arcelor Gandrange. « Il faut que Sarkozy tienne ses promesses », estime-t-il. En effet, lors d’une visite sur le site en février dernier, le président de la République avait assuré que « l’État était prêt à prendre en charge tout ou partie des investissements nécessaires » pour maintenir en activité le site. Il avait même évoqué un possible scénario de reprise. Une éventualité également avancée par la CGT, qui, au mois de mars, a présenté un autre projet alternatif évoquant cette hypothèse. « Nous pouvons être sauvés par un repreneur ; on sait que des financiers sont intéressés », insiste le syndicaliste. Des noms de repreneurs potentiels circulent en effet, comme celui du groupe Corus (racheté par l’Indien Tata Steel), d’Ascométal (groupe russe Severstal) ou encore l’allemand Saarstahl. « Il n’y a pas que Mittal. Il existe d’autres industriels. Et surtout, poursuit Serge Jurzak, le marché de l’acier se porte bien. » Selon lui, la confirmation du plan de restructuration par la direction du groupe « n’a rien de surprenant ». « Arcelor avait décidé coûte que coûte d’aller jusqu’au bout », analyse le syndicaliste, bien décidé, avec ses confrères, à « tout faire pour éviter les licenciements ».

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !