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AP | 07.09.05

Les salariés des raffineries Total en grève

mercredi 7 septembre 2005

PARIS (AP) — Les salariés des six raffineries du groupe Total étaient en grève mercredi pour protester contre les sanctions prises à l’encontre de quatre salariés, accusés d’être à l’origine de la pluie de gazole qui s’était abattue le 7 août sur une commune des Bouches-du-Rhône, a-t-on appris de source syndicale.

Selon le groupe Total, cinq des six raffineries du groupe -Harfleur (Seine-Maritime), Donges (Loire-Atlantique), La Mède (Bouches-du-Rhône), Feyzin (Rhône) et Granpuits (Seine-et-Marne)-sont concernées par ce mouvement, qui ne provoque pas pour l’instant de rupture d’approvisionnement. Charles Foulard, délégué central CGT, a expliqué à l’Associated Press que le site de Mardyck, près de Dunkerque (Nord), était également en grève.

Pour l’instant, la production n’a pas été totalement interrompue, même si cela reste "à l’ordre du jour", mais les usines fonctionnent au ralenti, a précisé M. Foulard. Les six raffineries ont une capacité de production de plus d’un milliard de barils par jour, précise la direction du groupe.

Quatre employés de l’usine de La Mède, sur un effectif total de 500 personnes, ont été sanctionnés après une fuite de gazole qui a pollué la commune de Sausset-les-Pins le 7 août dernier. Ils ont fait l’objet d’une mise à pied pour une durée de dix jours, accompagnée de mutations pour trois d’entre eux sur d’autres sites du groupe, à Lavera (Bouches-du-Rhône), Avignon (Vaucluse) et Rouen (Seine-Maritime).

Après la fuite, le député-maire UMP de Sausset-les-Pins, Eric Diard, avait déposé plainte pour "non-respect du Code de l’environnement". Deux enquêtes avaient été diligentées à l’initiative de la raffinerie et de la Direction régionale de l’industrie et de la recherche (DRIRE).

La CGT, qui dénonce "des sanctions démesurées", accuse la direction de vouloir "reporter ses responsabilités" sur le personnel. Quant à la direction, elle a invoqué le "non-respect des procédures" habituelles. Le PDG du groupe, Thierry Desmarest, a qualifié cette grève de "disproportionnée" mercredi matin lors d’une conférence de presse. L’enquête interne a conclu que les quatre salariés avaient commis une "faute professionnelle", a-t-il expliqué, confirmant qu’ils ne seraient pas licenciés mais mutés.

Charles Foulard a réclamé la levée de ces sanctions et l’ouverture de négociations sur la situation de l’emploi et la sécurité au sein du groupe. Il a affirmé que 99% du personnel d’exploitation des raffineries étaient en grève. "Si la direction ne réagit pas dans les heures qui viennent, il sera proposé aux salariés d’arrêter totalement la production", a-t-il prévenu.

A la raffinerie de Harfleur, près du Havre, la grève a été décidée mardi soir. Depuis, la plus grosse raffinerie de France, qui produit 16 millions de tonnes d’hydrocarbures par an, soit 1/6e du marché français et 328.000 barils par jour, tourne au ralenti. Quelque 400 camions viennent s’approvisionner quotidiennement sur le site. "Toutes les unités de production tournent au ralenti et, depuis mercredi matin, nous avons cessé la réception du brut et les expéditions, qu’elles soient par vannes que nous avons coupées, par bateau ou par camion", a expliqué à l’AP Serge Lor, de la CGT. Ce mouvement intervient alors que le groupe s’est engagé à exporter dix bateaux de 40.000 tonnes d’essence chacun aux Etats-Unis en septembre, au lieu des huit habituels, pour pallier la pénurie de pétrole après le passage de l’ouragan Katrina. AP

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