Liste des auteurs

Fanny Doumayrou | L’Humanité du 12,06,2008

Les salariés tiennent à leurs jours de RTT

vendredi 13 juin 2008 par Fanny Doumayrou
Selon un sondage, 79 % des salariés ne souhaitent pas faire racheter leur temps de repos par l’entreprise.

Avec son « travailler plus pour gagner plus », le candidat et désormais président Sarkozy pensait tirer profit du problème aigu du pouvoir d’achat des salariés français, pour justifier une augmentation du temps de travail. Mais la mayonnaise ne prend pas. Dernière preuve en date, un sondage LH2/les Échos/l’Institut de l’entreprise publié hier et montrant que les salariés ne sont pas prêts à brader leurs RTT contre de l’argent.

À la question « Pensez-vous, cette année, faire racheter par votre entreprise vos jours de RTT ? », seuls 5 % des 992 personnes interrogées ont répondu « oui certainement », 79 % répondant « non ». La proportion de refus est plus importante encore chez les cadres et les employés (81 %), mais elle est moindre chez les ouvriers, plus frappés par les problèmes de pouvoir d’achat. Ces derniers sont ainsi 16 % à dire « oui » à ce rachat, 75 % à dire « non ». En termes d’âge, les salariés plus jeunes (18-24 ans) sont 24 % à envisager ce rachat, contre 7 % des 35-49 ans.

« Alors que le pouvoir d’achat est en berne, ils ne sont pas prêts à travailler plus pour gagner plus », analysent les commanditaires du sondage. « Les Français, dix ans après la mise en place des 35 heures, semblent très attachés à ces journées de repos supplémentaires. » Ajoutons qu’avec la dégradation des conditions de travail, le lieu de travail devient pour beaucoup un repoussoir où le salarié ne veut pas passer plus de temps, quitte à ne pas gagner plus. Par ailleurs, la question d’un rachat ne se pose réellement que pour une minorité de salariés : seuls 38 % des 18 millions de salariés en France ont des jours de RTT (en moyenne treize jours par an).

Les sondeurs ont aussi interrogé les salariés sur la forme d’augmentation de la rémunération qu’ils préfèrent. 77 % des personnes interrogées veulent une augmentation de salaire, contre 19 % souhaitant recevoir des actions de leur entreprise, même si elles représentent un montant supérieur à la hausse de salaire. La méfiance envers le système boursier reste donc de mise, surtout après la crise des subprimes.

Enfin, le sondage portait sur les rôles respectifs des entreprises et de l’État dans l’augmentation du pouvoir d’achat. 52 % des sondés comptent sur la bonne santé économique de leur entreprise pour améliorer leur pouvoir d’achat, contre 42 %, tout de même, sur l’action des pouvoirs publics.


La CGT appelle à la riposte le 17 juin

« L’accord intervenu hier entre les 27 États membres de l’Union européenne sur la durée du travail constitue une véritable régression sociale, déclare la CGT dans un communiqué. Il pérennise, sans aucune échéance limite, "l’opt-out", c’est-à-dire la possibilité pour un employeur de déroger à la durée maximale hebdomadaire de 48 heures, dans une relation de gré à gré avec le salarié. Cela rend possible des durées de travail pouvant aller jusqu’à 65 heures hebdomadaires, voire plus. C’est en contradiction avec la directive actuelle qui, au contraire, prévoyait de mettre un terme à l’opt-out. (…) Jusqu’ici, le gouvernement français avait toujours refusé ce type de compromis. Il a procédé à un revirement complet. (…) Cette attitude a permis l’adoption du texte à la majorité qualifiée. Cela augure très mal de la façon dont la France compte gérer la dimension sociale de l’Europe durant sa présidence de l’Union européenne dès juillet 2008. Les déclarations d’autosatisfaction du ministre du travail français, Xavier Bertrand, éclairent l’enjeu du projet de loi de déréglementation du temps de travail qui doit être validé au Conseil des ministres français du 18 juin, et qui anticipe déjà sur la mise en oeuvre de l’opt-out dans le droit français. Les mobilisations du 17 juin seront la première et forte réponse des salariés de France pour que le gouvernement français retire la déréglementation du temps de travail de son projet de loi d’une part et pour que le Parlement européen ne valide pas l’accord intervenu entre les ministres du Travail des États membres. »

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !