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Un article de Rémi Barroux paru dans Le Monde du 9 décembre 2005

Les syndicats accusent le Medef de bloquer la négociation

vendredi 9 décembre 2005 par Rémi Barroux
La quatrième séance de négociation de la convention de l’assurance-chômage aura au moins permis, mercredi 7 décembre, de mettre chacune des deux parties, patronale et syndicale, devant ses responsabilités. La discussion a pris fin peu avant minuit sur un constat de désaccord affirmé, les syndicats parlant d’"impasse".

Selon eux, le Medef porte toute la responsabilité du blocage "en continuant de vouloir faire peser sur les demandeurs d’emploi toutes les responsabilités du redressement du régime de l’assurance-chômage", dont le déficit cumulé avoisine les 14 milliards d’euros, ainsi que l’explique Jean-Marie Toulisse (CFDT). Pour Maurad Rabhi (CGT), "la radicalité des positions du Medef le conduit à une situation d’échec". Et Michel Coquillion (CFTC) pronostique : "Ce sera une impasse si le Medef persiste à tourner en boucle sur le fait qu’on a en France le système d’indemnisation le plus généreux d’Europe."

Pourtant, la réunion, qui a duré plus de huit heures, avait commencé sous des auspices constructifs. L’étude du "titre 1" consacré au retour à l’emploi avait permis d’avancer. Hormis la CGT, qui souhaitait aborder les modes de financement avant de discuter de l’affectation de ces fonds, chacun des syndicats avait pu avancer ses propositions, telle l’augmentation du nombre de contrats de professionnalisation, 80 000 par an, pour FO par exemple.

Les choses se sont corsées lors de la discussion sur le "titre 2", "Vers un meilleur équilibre du système". Pour le Medef, qui avait proposé des réductions importantes de la durée d’indemnisation (Le Monde du 3 décembre), notamment de vingt-trois mois à dix-huit mois concernant la filière principale - ce qui représenterait 3 à 3,5 milliards d’euros d’économies annuelles -, il est impossible de passer le 1er janvier 2006 sans des mesures d’économie immédiates pour l’Unedic.

Alain Lecanu (CFE-CGC) a alors proposé de sérier les questions en ne reprenant dans la future convention que le volet retour à l’emploi, et en prolongeant de six mois les règles d’indemnisation et de cotisation. Ce délai supplémentaire étant censé, à ses yeux, permettre d’ouvrir une discussion sur la refonte générale du système. Cette porte de sortie, officieusement évoquée par toutes les parties, est "juridiquement possible", confirme-t-on au cabinet du ministre délégué à l’emploi, Gérard Larcher. Mais le Medef s’y oppose.

La prochaine séance, le 13 décembre, qui devait être consacrée au traitement des annexes 8 et 10 concernant les intermittents, sera mise à profit pour tenter de trouver une issue à la crise.

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