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Un article Rémi Barroux paru dans Le Monde le 5 mars 2006

Les syndicats favorables à l’accueil des salariés de l’Est

dimanche 5 mars 2006 par Rémi Barroux

La majorité des syndicats français ont émis un avis favorable à l’ouverture des frontières nationales à la main-d’oeuvre venue des nouveaux pays adhérents de l’Union européenne (UE), vendredi 3 mars, à Paris, lors d’une réunion du Comité du dialogue social sur les questions européennes et internationales (CDSEI) présidée par le ministre délégué à l’emploi, Gérard Larcher.

Cette consultation devait préparer la décision que le gouvernement doit prendre, le 13 mars, sur le maintien du régime dérogatoire à la libre circulation au sein de l’UE mis en place lors du dernier élargissement de 2004. Cette mesure permet aux anciens pays membres de l’Union de garder leur marché du travail fermé aux ressortissants des nouveaux membres pendant sept ans. Elle est révisable en 2006 et 2009. Le Royaume-Uni, la Suède et l’Irlande n’ont pas fait usage de cette clause.

UNE IMAGE À REDRESSER

Pour la CGT, la CFDT et FO - la CFTC et la CFE-CGC n’ont pas encore arrêté de position -, "il faut arrêter les mesures transitoires et ouvrir complètement le marché du travail", selon les mots de Guy Juquel (CGT). "Il ne peut y avoir de citoyens et de salariés de première et de seconde zone", explique-t-il, soulignant que les Britanniques ou les Espagnols ne sont pas soumis à une autorisation de travailler, contrairement aux Polonais ou aux Tchèques. Marcel Grignard (CFDT) explique qu’"on ne peut pas considérer que l’ouverture de l’Europe, c’était pour la libre circulation des entreprises et des capitaux et pas pour les travailleurs". Comme M. Juquel, il estime que la France a une image à redresser en Europe, et qu’il est bon de donner des signes moins protectionnistes.

La Confédération européenne des syndicats (CES) s’est également déclarée favorable à l’ouverture totale. Comme elle, les syndicalistes français s’appuient sur un rapport de la Commission européenne qui indique que les pays ayant déjà ouvert leur marché du travail n’ont pas eu à subir d’effets négatifs particuliers sur l’emploi.

Du côté des organisations patronales, l’Union professionnelle artisanale (UPA) et la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) prônent l’ouverture. Au ministère de l’emploi, on affirme que la position du gouvernement n’est pas arrêtée et que la discussion avec les syndicats aura son importance. L’option envisagée est d’ouvrir de manière contrôlée le marché du travail, par secteurs, par métiers, voire par régions, en donnant plus d’autorisations de travail, et d’attendre 2009 pour une ouverture totale qui sera inéluctable en 2011.

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