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François WENZ-DUMAS | Libération le 11 mai 2007

Les syndicats revendiquent leur légitimité

vendredi 11 mai 2007 par François WENZ-DUMAS
La CGT a dénoncé les récents propos de proches de Sarkozy.

L a CGT a vivement réagi hier aux propos tenus par deux proches conseillers de Nicolas Sarkozy qui mettent en cause la légitimité des syndicats. Claude Guéant, ex-directeur de campagne, a ouvert le feu mardi. « Je vois mal que les syndicats puissent aller contre l’avis du peuple français », a-t-il dit sur LCI, car ils « ne représentent que 8 % des salariés ». Or « ce sont 85 % des Français qui se sont exprimés dimanche », a-t-il noté, comparant curieusement le nombre d’adhérents des syndicats et le taux de participation à la présidentielle.

Les réactions des syndicats à l’élection de Sarkozy avaient pourtant été très mesurées. Lundi, la CGT s’est félicitée du « très vif intérêt que les Français portent à la politique », rappelant qu’elle « respecte le résultat du suffrage universel ». Jean-Claude Mailly (FO) avait, dès dimanche soir, simplement mis en garde contre « toute précipitation ou passage en force ». Tandis que François Chérèque (CFDT) prévenait que « la méthode que [choisirait] le chef de l’Etat pour impulser les réformes [serait] déterminante ».

Les propos de Claude Guéant ont provoqué un net changement de ton côté syndicats, notamment à la CGT, qui va diffuser nationalement un tract rappelant ses revendications. « La légitimité syndicale et sociale n’est pas contestable », a martelé Maryse Dumas, sur BFM, ajoutant que la « CGT compte 700 000 syndiqués », soit plus que le nombre d’adhérents « de tous les partis politiques confondus ». Sur le « service minimum », elle a jugé que c’était « une singulière conception de la négociation que de mettre un revolver sur la tempe ». Quant à Bernard Thibault, dans un entretien au Monde daté d’aujourd’hui, il rappelle que Dominique de Villepin « considérait aussi que le taux de syndicalisation n’était que de 8 %», et que « cela n’a pas empêché un conflit lourd sur le CPE ».

Le second conseiller, l’économiste Pierre Cahuc, qui a largement inspiré le programme de Sarkozy, a lui ouvert un autre front en estimant dans la Tribune qu’il fallait « réduire la participation des syndicats » aux missions de service public, comme l’assurance chômage ou la formation. Une proposition qui risque de heurter l’ensemble des centrales, très attachées à la gestion paritaire des organismes sociaux.

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