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Rémi Barroux | Le Monde le 13 avril 2007

Les syndicats, unis contre le CPE, accueillent diversement le contrat première chance de Mme Royal

vendredi 13 avril 2007 par Rémi Barroux

Le contrat première chance (CPC) de Ségolène Royal ne doit pas devenir le "CPE de gauche". C’est la consigne dans les rangs socialistes après les critiques qui ont entouré l’annonce par la candidate de sa dernière proposition en matière d’emploi des jeunes. Après quelques ajustements, ce dispositif ne devrait pas trouver contre lui le front syndical unanime qui s’était constitué, en 2006, contre le contrat première embauche (CPE) de Dominique de Villepin.

Le CPC ne suscite pas pour autant l’enthousiasme syndical. A l’exception de la CFDT et de l’UNSA qui déclarent leur intérêt, les autres syndicats manifestent leur scepticisme. Ce contrat, un dispositif d’insertion s’adressant en priorité aux quelque 120 000 jeunes qui sortent, chaque année, du système scolaire sans diplôme, offre aux entreprises de moins de 20 salariés qui les embauchent la prise en charge de leur salaire et charges pendant un an (Le Monde du 7 avril). Son coût pourrait atteindre 1 milliard d’euros.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, critique le "caractère uniforme de la mesure". "Il n’est pas vrai que toutes les petites entreprises, explique-t-il, aient besoin d’une prise en charge intégrale du salaire et des charges, tous les secteurs n’ont pas besoin d’un accompagnement financier uniforme." Surtout, regrette M. Thibault qui vient de fêter au champagne l’anniversaire de la chute du CPE, "les responsables politiques continuent de sortir du chapeau des formules achevées, qui n’ont pas été discutées avec les syndicats et dont la pertinence économique et sociale n’a pu être évaluée".

Pour FO, Jean-Claude Mailly n’est "pas emballé". Il voit surtout dans le CPC un "contrat offert totalement aux entreprises pendant un an". Selon lui, "les mesures spécifiques pour les jeunes existent déjà, il faudrait simplifier les choses plutôt que d’ajouter un nouveau dispositif". Et de dénoncer un "contrat" qui est devenu "convention" pour être présenté au final comme un "parcours".

Pour Solidaires, Annick Coupé estime que "ce dispositif propose, même si cela n’est pas dit comme ça, une période d’essai de trois mois à un an", et que, de plus, selon elle "il n’offre aucune garantie de ce qui se passera pour le jeune au bout d’un an". Le président de la CFE-CGC, Bernard Van Craeyneste, déplore une "mesure technocratique" et, pour la CFTC, Jacques Voisin regrette que l’on "reste sur la logique du contrat aidé précaire, type CPE".

Côté enseignant, Gérard Aschieri (FSU) redoute "l’effet d’aubaine pour les entreprises" même s’il adhère, comme tous les syndicalistes, à l’idée d’un dispositif destiné aux jeunes non qualifiés.

C’est cet argument qui pousse la CFDT et l’UNSA à approuver le CPC. François Chérèque veut voir dans la proposition socialiste, un "parcours d’initiation, de découverte du travail intéressant" qui reprend certaines de ses propositions. Même s’il regrette que "Mme Royal avance d’abord une idée pour la construire après". Le numéro un de la CFDT se dit prêt à discuter de la question des aides aux entreprises dans le cadre d’une future négociation. Pour l’UNSA, Alain Olive ne voit pas dans le CPC un "CPE de gauche" et souhaite une "négociation globale sur la question de la précarité" dans l’emploi.

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