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Un article de Marie Visot paru dans Le figaro du 23 mars 2006

Les trois visages de l’économie française

jeudi 23 mars 2006 par Marie Visot
La croissance repart en France. Mais si la construction est « très solide », selon l’Insee, le commerce et les services « porteurs », l’industrie se révèle de plus en plus « fragile ».

L’ÉCONOMIE française révèle « son côté caméléon ». L’expression utilisée hier par les responsables de l’Insee traduit une situation à la fois inquiétante et encourageante : la France industrielle est particulièrement fragile, celle du commerce et des services est en plein essor, et la construction est toujours solide. Mais le cocktail est quand même à la faveur d’un retour de croissance.

Ainsi, après le trou d’air de la fin de l’année dernière, le produit intérieur brut (PIB) devrait croître de 0,6% puis de 0,5% aux premier et deuxième trimestres. A fin juin, la croissance hexagonale sera donc déjà de 1,5% - un peu moins que les prévisions l’annonçaient il y a trois mois. Pour atteindre le chiffre bas de la fourchette donnée par Bercy pour cette année (2%), il faudrait que l’activité progresse de 0,6% les deux trimestres suivants. « C’est à portée de main », a estimé hier Michel Devilliers, chef du département de la Conjoncture à l’Insee. Et d’ajouter qu’« aujourd’hui, en rythme annuel, on tutoie les 2% par le bas. On finira l’année un peu au-dessus ou un peu en dessous, mais très proche de ce chiffre ». Reste que, dans un contexte international toujours porteur, qui a bien résisté au choc pétrolier, l’activité française vit à plusieurs vitesses.

Les importations pèsent sur l’industrie

Le trou d’air de la fin 2005 vient essentiellement de la stagnation de la production industrielle. Une industrie qui risque d’avoir du mal à retrouver des couleurs si la situation du commerce extérieur n’évolue pas. Les fortes importations jouent au détriment de la production nationale. Et alors que la demande mondiale a crû de 5,5% l’an dernier, les exportations manufacturées n’ont progressé que de 2,3%. « Si on ne prévoit pas de nouvelles pertes de parts de marché, les industriels ne devraient pas regagner celles qu’ils ont perdues en 2005 », souligne Karine Berger, économiste à l’Insee. Du coup, les entreprises du secteur sont « toujours circonspectes sur leurs perspectives d’investissements », note l’Insee. La morosité semble en fait les conduire à différer leurs dépenses et les dépenses d’équipement ne devraient progresser que de 0,5% au premier semestre.

Mais les remous industriels n’ont qu’une « influence mineure sur le marché du travail », indique l’Insee. Ainsi, l’emploi devrait continuer de progresser au premier semestre (voir ci-dessous). La « montée en pente douce » du pouvoir d’achat des ménages (1,6% en 2004, 1,8% l’an dernier et 2,1% dès juin de cette année) « ancre la progression de la consommation des ménages sur des rythmes fermes ». Du coup, le secteur du commerce devrait en profiter. La production devrait progresser sur des rythmes compris entre 0,7% et 0,9% par trimestre. Pour les mêmes raisons, les services devraient également être vigoureux. Quant au secteur de la construction, il devrait connaître une nouvelle accélération « en lien avec une demande des ménages toujours forte et le rebond attendu des travaux publics ».

Deux aléas peuvent venir contredire ces prévisions. Le premier, positif, réside dans un redémarrage plus vigoureux de l’économie allemande. Le second, négatif, prend en compte les risques de poussée des prix du pétrole.

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