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Lettre Ouverte à Monsieur Luc POYER, Président Directeur Général de la SNET

mardi 21 mai 2013 par coordination CGT SNET
lettre ouverte des Organisations syndicales CGT et FO

Monsieur le Président Directeur Général,

Nous revenons vers vous suite à votre document intitulé : « Négocier quoi, quand, comment ? » que vous avez transmis aux des délégués syndicaux centraux des Fédérations Syndicales FNME CGT, FNEM FO, CFE CGC et aux représentants CFTC.

Commençons par ce qui nous rassemble. En effet, sachez que nous partageons votre souhait de retrouver un mode de discussion constructif, qui s’articule autour de la négociation et des Instances Représentatives du Personnel tant nationales que locales.

Effectivement, si EON n’a que quelques années d’existence en France, sachez que la CGT et FO assure traditionnellement dans notre pays, depuis plus d’un siècle un rôle de représentation des salariés et un rôle de négociation.

Vous aurez compris, que c’est un domaine que nous affectionnons particulièrement et ce depuis pas mal de temps. C’est ainsi que les syndicats s’attachent à garantir les droits des salariés, en termes de salaires, de statuts, de progression de carrière ou de conditions de vie. Enfin, presque tous les syndicats car vous en conviendrez, certains diffèrent à cette règle.

Voilà pour ce qui nous rassemble !

C’est malheureusement court. Maintenant parlons de ce qui nous oppose, notamment dans votre courrier et qui contribue, une fois de plus, à ce climat si détestable entre vous et nous, Vous ne cessez de l’évoquer à chacune de nos rencontres, mais dont vous réfutez toute responsabilité.

Premièrement, et excusez nous, mais il nous est fort difficile de négocier sereinement entre deux plans sociaux, dont les jugements sur le premier ne sont même pas rendus.

Et encore nous parlons de deux plans sociaux ; mais nous savons fort bien que c’est la même finalité que vous portez depuis votre arrivée à la tête de la SNET, enfin ce qu’il en reste car « vous n’avez pas chômé depuis votre arrivée ».

Que dire de tous ces agents qui sont partis, hors plan de départ volontaire, mais plutôt avec de « l’élan sauce Düsseldorf ».

Ce ne sont pas 215 départs que vous envisagez mais plus du double ! Bien sûr tout ceci est entre nous puisque vous nous parler de « partage d’informations » et non de « négociations » sur des sujets comme EON 2.0 ! Vous pouvez compter sur notre discrétion.

Concernant « la négociation du protocole pré-électoral et du droit syndical », sachez que sur le premier point ce n’est ni plus ni moins une obligation légale en vue des élections de représentativité qui doivent avoir lieu en novembre 2013.

Nous sommes, comme vous, respectueux des textes régissant les élections de représentativité, et sommes à votre disposition comme par le passé, où souvent vous nous convoquiez dans la précipitation sur ce sujet, pour élaborer un futur protocole électoral,

Nous actons au passage votre sens de l’anticipation….

Sur le second point, la justice vous a récemment « tiré les oreilles » en vous rappelant la Loi sur les dénonciations d’accord ou autre engagements similaires.

Peut être en tirerez vous une leçon ? Nous prenons donc note de vos intentions, mais comprenez « que la route sera longue, pentue, sinueuse, carrossée avec de gros nids de poule ».

Votre objectif, contrairement au nôtre, n’est pas de retrouver des règles de gestions normales du dialogue social, mais bien d’en réduire son effet. Pour la CGT et FO, cela est inacceptable et nous le combattrons

Si aujourd’hui une organisation syndicale vous accompagne par sa connivence, les deux autres représentatives vous horripilent par leur liberté d’expression et d’opposition. Néanmoins, vous ne musèlerez jamais les salariés de la SNET, et leurs représentants, comme vous n’imposerez jamais la « cogestion à l’allemande » aux organisations syndicales Françaises, du moins pas à la CGT et FO.

Sur votre détermination, à acter le plus vite possible, la fin des sites d’Hornaing et de Lucy, ainsi que la fermeture anticipée de deux tranches à la centrale Emile HUCHET, nous ne croyons pas en vos argumentaires.

Ce n’est pas seulement un souci d’ordre financier ou autre. Votre obstination à « plier » ces sites sans même essayer les dérogations réglementaires nous laisse imaginer un stratège qui dépasse largement la SNET, mais qui favorisera très rapidement EON et surtout l’Allemagne sur sa dépendance énergétique. Avec un peu plus de bonne volonté de votre part les situations d’Hornaing, de CEH, de Lucy et du CAPI seraient différentes de celles envisagées d’aujourd’hui.

Pour le thème « adaptation des organisations au plan national », vous abordez votre volonté de réaffirmer les modalités de pointage, de remplacements, de prise de congés et de rémunérations des services continus. Il nous semble pourtant que toutes ces règles sont bien claires dans notre Statut des Industries Electriques et Gazières.

Respectons la loi et le statut ! Nous sommes disposés à discuter avec vous de leurs applications !

Pourquoi souhaitez-vous la mise en place de pointeuses, de mobilités fonctionnelles et géographiques au gré de l’entreprise, et donc de l’employeur (c’est-à-dire vous), le tout avec de nouvelles réductions d’effectifs ?

Vous nous prouvez une nouvelle fois, que votre conduite est en ligne directe avec les patronats français et allemands, leurs politiques ultralibérales et leurs volontés de rendre corvéable à souhait tous les salariés.

Et là, en vérité, vous ne faîtes que profiter de l’Accord National Interprofessionnel dit de sécurisation de l’emploi, signé en janvier 2013. Accord on ne peut plus réducteur des droits des salariés et contre lequel nous élevons toujours fortement notre désaccord.

Enfin, avant d’évoquer votre souhait de prolonger votre PSE au-delà du 30 juin 2014 attendez au moins le rendu de justice du 21 mai prochain.

Vous comprendrez à la lecture de cette lettre ouverte, que nous sommes encore loin du dialogue social et d’un « Président Directeur Général », leader et rassembleur auquel les salariés accordent leur confiance car….

…. « Cher Président Directeur Général » avez-vous le pouvoir de décider de la rémunération que le groupe veut bien nous accorder pour l’exploitation de nos centrales ?

… « Cher Président Directeur Général » avez-vous le pouvoir de décider des investissements industriels en France, et de les concrétiser ?

… « Cher Président Directeur Général » par votre fonction, vous devriez défendre l’intérêt de l’actionnaire EON et celui des salariés. Êtes-vous certain que vous assumez vos fonctions de la même manière entre le groupe EON et les agents de la SNET ?

… « Cher Président Directeur Général » vous êtes bien le « Patron » mais le patron de quoi et de qui ?

Notre entreprise la SNET est à l’agonie, les agents se regardent de travers alors qu’avant l’esprit d’entraide et de loyauté primait, nous étions plus de 1000 et bientôt moins de 300, nous étions fier de la SNET et aujourd’hui salie par EON, qui attaque frontalement et ouvertement notre statut national des personnels des Industries Electriques et Gazières.

Voilà cher « Président Directeur Général », ce qui aujourd’hui nous divise et nous ronge. Mais pourquoi ne pas en discuter un de ces jours, autour d’un feu et d’un « barbecue de lutte », devant le portail d’une de nos centrales.

Peut-être qu’alors, nos luttes pourraient nous rassembler pour donner une vraie perspective d’avenir à LA SNET, dans l’intérêt de nos salariés et d’un réel service public de l’énergie ?

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