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Un article de Aliette de Broqua paru dans Le Figaro le 17 mars 2006

Liaison Corse-Marseille : la SNCM remet son titre en jeu

vendredi 17 mars 2006 par Aliette de Broqua
Le monopole de la liaison maritime entre Marseille et la Corse sera bientôt soumis à un nouvel appel d’offres. La SNCM n’est pas sûre de l’emporter.

LES CHOSES prennent tournure. La Corse pourra bientôt lancer l’appel d’offres pour désigner la compagnie maritime qui reliera l’île au continent. Le cahier des charges, dont Le Figaro a pris connaissance, est prêt. Il sera soumis au vote de l’Assemblée de Corse le 24 mars. En fait, il ne prévoit pas de rupture avec l’actuelle délégation de service public (DSP) en vigueur depuis 2001. Confiée à la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM) alliée à la Compagnie méridionale de navigation (CMN), elle prendra fin en décembre.

La future délégation concernera, comme aujourd’hui, le transport de passagers et marchandises entre Marseille et six ports corses. Sa durée a été étendue à six ans, éventuellement sept. Dans leurs réponses, les candidats devront établir des demandes de subventions dans les limites de l’enveloppe de continuité territoriale : 175 millions d’euros alloués à la Corse pour ses transports dont 110 millions pour le maritime. Parallèlement, le système de l’aide sociale au passager en vigueur sur les lignes au départ de Toulon et Nice est maintenu.

Un système de prévention des grèves

La DSP comprend toujours deux services : un service de base assuré toute l’année pour le transport des passagers et des marchandises et un service supplémentaire estival. Celui-ci devrait être réduit de 11%. « L’Office des transports de Corse n’a pas tiré les enseignements de la chute de 44% du trafic en cinq ans », regrette Pierre Mattei, directeur général de Corsica ferries et principal concurrent de la SNCM. Il milite pour une généralisation de l’aide au passager. Et de souligner que le service complémentaire d’été est subventionné à hauteur de 34 millions d’euros pour 320 000 passagers alors que le système de l’aide sociale au départ de Nice et Toulon ne coûte que 15 millions d’euros pour 1,6 million de voyageurs. « Si c’est cela qu’on veut, dit Pierre Mattei, nous répondrons à l’appel d’offres. On est prêt à investir. » Ou peut-être à s’allier avec un autre opérateur comme la CMN. En effet, selon nos informations, l’alliance actuelle entre la SNCM et la CMN bat de l’aile. Ni la CMN ni Veolia ne commentent.

« Notre engagement définitif dans la SNCM, rappelle-t-on cependant chez Veolia, dépend de deux conditions : un volume d’activité dans la nouvelle DSP équivalent à la précédente et l’unicité du service, et un projet social faisant l’objet d’un accord global avec les organisations syndicales. » Le cahier des charges exige en effet la mise en place d’un dispositif de prévention des grèves. Une rencontre entre Veolia et les représentants syndicaux de la SNCM est prévue aujourd’hui sur ce point. Déjà, la CGT pointe la réduction des capacités prévue par le nouveau cahier des charges et se demande si le plan social de 400 emplois prévu dans le cadre de la privatisation sera suffisant.

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