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Article de Bertille Bayart Publié dans Le Figaro le 28 novembre 2006

Lourdes pertes et nouveau patron pour le fret de la SNCF

mardi 28 novembre 2006 par Bertille Bayart
Le transport de marchandises de la société doit affronter la fin des aides publiques.

LA SNCF se refuse à l’évoquer en ces termes, mais cela ressemble fort à une sanction. Hier, Anne-Marie Idrac, la présidente de l’entreprise publique, a annoncé le remplacement, dès lundi, de Marc Véron, qui reste à la SNCF, par Olivier Marembaud, un pur produit « maison ». Il y a en effet commencé sa carrière en 1974. Il a notamment dirigé les cabinets de Loïk le Floch-Prigent, puis de Louis Gallois, avant de prendre la tête de filiales (Frantour puis Keolis).

Ce changement intervient à un moment clef de l’histoire du fret SNCF puisque le plan d’aides élaboré fin 2003 pour la période 2004-2006 s’achève. Le bilan est pour le moins mitigé. La perte, qui ressortait à 450 millions d’euros en 2003, a certes été ramenée à 214 millions en 2005. Mais en 2006, elle sera encore « proche » de ce montant, a indiqué la SNCF, alors que l’objectif fixé était un déficit réduit à 47 millions.

Conséquence : le robinet des aides publiques se ferme. Conformément au plan de 2003 et aux accords passés avec la Commission européenne, les apports de l’État étaient conditionnés au respect des objectifs. Mercredi, le fret SNCF a donc reçu une dernière tranche, portant à 450 millions les aides publiques effectivement versées là où l’activité pouvait prétendre à 700 millions. La SNCF de son côté a injecté 700 millions d’euros dans le transport de marchandises.

Ces fonds ont été investis, ­notamment dans l’acquisition d’un millier de locomotives neuves et dans la rénovation des systèmes d’information. La SNCF souligne l’effort majeur de réorganisation industrielle effectué dans la période récente et « la prise de conscience accélérée (...) de la nécessité de ces transformations ». L’entreprise publique veut aujourd’hui engager une phase de « reconquête ». Celle-ci est urgente. En 2006, le marché du fret s’est ouvert à la concurrence, de façon plus agressive que la SNCF ne s’y attendait. D’ores et déjà, 5 à 6 % du marché ont déjà été captés par les nouveaux acteurs, et la pression sur les tarifs est forte.

Un gage pour les syndicats

De plus, la SNCF constate « l’insatisfaction (...) indéniable » de certains clients « du fait de problèmes significatifs de qualité ». Enfin, les conflits sociaux ont nui au redressement de l’activité. De nouvelles mesures devront être prises rapidement, sur la base d’un rapport mené par un comité constitué au sein du conseil d’administration de la SNCF et qui sera remis en décembre. Seule certitude, Anne-Marie Idrac a réaffirmé que le redressement du fret se fera sans filialisation : un gage aux syndicats toujours prompts à s’inquiéter de tout signe avant-coureur de privatisation. La SNCF souhaite cependant une adaptation rapide, en termes de qualité et de productivité, mais aussi le développement de partenariats, comme avec La Poste la semaine dernière, ou avec les régions, pour s’assurer des marchés.

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