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Lucy 3. 75 % des 68 salariés de la centrale ont suivi le mouvement de grève porté par la CGT. « On a prouvé notre utilité »

vendredi 24 février 2012
Un mouvement de grève de 24 heures a été déclenché hier par la CGT sur les quatre sites de la Snet (Société nationale d’électricité et de thermique).

Vague de grand froid oblige, les salariés de Lucy 3 ont été sollicités par RTE (Réseau transport électricité) pour produire de l’électricité jour et nuit, presque sans interruption, depuis le 1 er février. Hier, à l’appel de la CGT, les électriciens de Montceau et de trois autres sites en France ont refusé de suivre le programme RTE pour 24 heures. « On était censé tourner à 210 mégawatts toute la journée mais on fait comme notre direction, on ne respecte pas nos engagements », déclare Philippe Plocher, salarié à Lucy et élu au comité central d’entreprise. En ligne de mire, l’arrêt anticipé de la tranche en 2013 en dépit des promesses faites par E.On pour sortir du conflit de 2010. Mais également le « non-respect » du travail des experts qui œuvrent depuis novembre à trouver des solutions alternatives sur les différents sites. La CGT soutient que E.On a déjà préparé ses conclusions avant même la fin des études (en mars). Le groupe dément sur ce point : « Des discussions sont actuellement en cours avec les partenaires sociaux pour mieux analyser les causes et les conséquences de cette situation ». Le groupe justifie la « fermeture anticipée des unités de production les plus anciennes » du fait d’une « déterioration de la situation économique de l’entreprise en 2013 ». Conscience pro

« Nous avons attendu le redoux pour manifester notre mécontentement. On ne voulait pas risquer le « black-out » et priver d’électricité des gens qui n’y sont pour rien. On a déjà eu un drame familial à Blanzy, ça suffit », souligne Christophe Lagrange, chef de bloc et délégué du personnel.

Les grévistes sont persuadés d’avoir « prouvé leur utilité » au réseau. Lors du pic de consommation d’électricité (record historique atteint le 9 février), la tranche de Lucy a représenté 0.25 % de la production totale d’électricité (100 700 MW) et l’ensemble des installations de la Snet ont effectué 3,5 % de la production. « Il n’y a pas eu de black-out mais on est passé de justesse. Nous étions dans une situation de grande disponibilité du nucléaire avec seulement 3 réacteurs en maintenance sur 58, ce qui est très rare », rappelle Claude Martin, délégué syndical.

Hier, le Front de gauche et le PC étaient présents aux côtés des grévistes. « Quand la Snet, issue de Charbonnage de France, a commencé à ouvrir son capital au privé (au début des années 2000 avec Endessa), l’argument était qu’il fallait pérenniser l’activité », se souvient avec ironie Bruno Sillas. Le programme du Front de gauche propose de mettre en place un pôle 100 % public de l’énergie avec quatre entreprises : EDF, GDF, Areva et Total. Le comité local du Front de gauche va proposer d’ajouter la Snet à cette liste.

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