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L’Humanité | Marc Leras le 9 février 2007

Marseille. « Si ce n’est pas la rue qui gouverne, la rue peut aller voter »

vendredi 9 février 2007 par Marc Leras
18 000 sur La Canebière : hospitaliers, territoriaux, postiers, enseignants...

« Nous soutenons bien entendu les revendications communes, mais les enseignants sont inquiets », témoigne Jean-François Longo, secrétaire général de la FSU des Bouches-du-Rhône, calé dans la manifestation marseillaise qui a rassemblé, selon les organisateurs, 18 000 personnes. « La prochaine rentrée s’annonce mal avec des effectifs en moins et sans moyen supplémentaire alors que de nombreux établissements ont déjà des problèmes. À cela s’ajoute le mépris de notre ministre et le mauvais management au niveau local, la disparition programmée du sport scolaire... La manifestation est destinée autant au gouvernement actuel qu’à interpeller l’ensemble des candidats. » Pour raison de meeting tenu la veille à Aubagne, le candidat José Bové manifeste à Marseille, faisant une apparition dans le cortège, le temps d’exprimer son soutien aux revendications. Les services publics sont représentés dans toute leur diversité tout au long du parcours : impôt, hospitaliers, territoriaux, postiers, mais aussi une importante participation enseignante.

Si FO a une fois de plus fait cavalier seul, la manifestation a rassemblé les autres syndicats avec pour objectif de - sensibiliser l’opinion avant les élections. « Les fonctionnaires ne sont pas dans la rue pour des raisons corporatistes mais pour défendre l’idée même du service public », commente Bernard Gaudiliere, de l’UNSA. « Nous nous adressons à tous les citoyens pour leur demander s’ils veulent moins d’infirmières, de profs, de policiers, de facteurs... Ces questions doivent être au coeur de la campagne. Si ce n’est pas la rue qui gouverne, la rue vote. »

« L’exemple de la poste est flagrant, où l’on passe du concept d’usager à celui de client. Nous faisons face à des privatisations ouvertes, comme celle de France Télécom ou de l’énergie, ou rampante comme à La Poste », témoigne Christian Garnier, de l’union syndicale Solidaires. « Il faut savoir aussi que 57 % des postiers gagnent moins de 1 600 euros nets et que 33 % des effectifs sont désormais constitués de contractuels précaires. » La proposition de l’UMP Nicolas Sarkozy de « travailler plus pour gagner plus » est massivement rejetée.

« Il faudrait que ceux qui proposent cela vienne voir comment fonctionne un service de nuit dans un hôpital », réplique Mireille Chessa, secrétaire départementale de la CGT. « Ce dont a besoin le service public pour fonctionner, c’est d’emplois suffisants et correctement rémunérés. Face à l’absence de dialogue social, nous sommes prêts à maintenir la mobilisation », explique-t-elle, confiant, à l’issue de la manifestation en « avoir encore sous la semelle ».

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