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Un article de Hervé NATHAN paru dans Libération le 2 novembre 2005

Maryse Dumas, de la CGT, défend les revendications des manifestants : « Nous voulons négocier un statut »

mercredi 2 novembre 2005 par Hervé Nathan, Maryse Dumas
Maryse Dumas, numéro 2 de la CGT, est en charge de la politique revendicative. Depuis l’apparition du mouvement des stagiaires, les centrales syndicales étaient demeurées silencieuses.

Cela interroge évidemment les organisations syndicales et la CGT. Pourquoi un mouvement que la CGT soutient et dont les revendications sont absolument légitimes se déroule-t-il en dehors d’elle ? Nous ne sommes pas assez proches de la réalité que vivent les jeunes. Dans les entreprises, les salariés stables se connaissent entre eux, mais ne voient pas les jeunes très précaires, soit en stage, soit en intérim, soit en CDD, qui ne font que passer et qui ont beaucoup de difficultés à se syndiquer. Il faut que le syndicalisme arrive à les rencontrer car cette frange du salariat est de plus en plus importante. C’est l’un des défis que la CGT doit relever. Une satisfaction cependant : c’est à l’occasion de la journée intersyndicale d’action du 4 octobre que les stagiaires ont pu sortir au grand jour.

Mais sur le fond, que pensez-vous du sort fait aux stagiaires ?

On peut admettre les stages lorsqu’ils sont intégrés à une formation, soit initiale, soit continue. Mais nous refusons qu’ils deviennent une forme de travail gratuit ou à bas prix. Pour les jeunes eux-mêmes et pour éviter la concurrence avec le travail rémunéré. Force est de constater qu’ils se multiplient, à tous les niveaux de formation : jusqu’à bac + 5. On voit des stagiaires occuper des emplois qui ne correspondent pas à leur formation, et des entreprises les utiliser soit en remplacement de CDD, soit pour éviter des heures supplémentaires.

Existe-t-il un statut des stagiaires ?

Non. Nous souhaitons négocier un tel statut, pour permettre le contrôle de l’adéquation du stage à la formation, la reconnaissance du travail effectué sous forme de rémunération, qui apporterait aussi des cotisations, car avec des stages à répétition, les jeunes n’accumulent aucun droit pour le futur, par exemple pour la retraite. Il faut aussi aborder la question de la sécurité. Nous avons posé la question au Medef lors de la négociation sur la formation continue, nous l’avons posée aussi au gouvernement. A chaque fois on nous a répondu qu’il n’y a pas d’urgence.

Mais on appelle aussi stagiaires des jeunes qui ont fini leurs études...

Dans ce cas, il faut être clair : il s’agit d’un travail. Il doit être rémunéré sur les bases légales et conventionnelles, soumis aux cotisations. S’il s’agit d’une période d’essai, cela doit faire partie du contrat de travail. Sinon, on se trouve devant un cas de travail gratuit, d’autant plus insupportable que le jeune se trouve démuni, et soumis à l’arbitraire de l’employeur

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