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une dépèche AFP parue sur lemonde.fr le 13 octobre 2005

Médecins du monde pointe un "fort recul de l’accès aux soins" des plus démunis en 2004

jeudi 13 octobre 2005

Médecins du monde (MDM) s’est inquiété, jeudi 13 octobre, d’un "fort recul de l’accès aux soins" en 2004 des plus démunis. "Sur 100 personnes, il y en a 20 qui n’ont pas accès aux soins. C’est 10 % de plus que l’année dernière", a détaillé la présidente de MDM, le docteur Françoise Jeanson, lors d’une conférence de presse. "Parmi les 80 % qui restent, il y en a simplement 20 % dont les droits sont ouverts, par manque d’informations des bénéficiaires et des administrations concernées. Vous avez des gens qui pourraient se faire soigner et qui ne le font pas", a-t-elle ajouté.

Les premiers exclus de la santé sont les étrangers. Ils ont du mal à obtenir une couverture sociale, alors qu’ils souffrent de "pathologies aggravées par la pauvreté". En 2004, 89 % des 20 641 personnes reçues dans les 21 centres de MDM en France étaient des étrangers, dont 60 % n’avaient pas de titre de séjour. 97 % des étrangers qui ont visité ces centres médicaux disposent, pour vivre, de moins de 576,13 euros par mois. 57 % d’entre eux habitent des logements précaires ou n’ont que la rue pour domicile.

"LES PLUS DÉMUNIS ASSIMILÉS À DES FRAUDEURS"

Dans le cas spécifique des étrangers sans titre de séjour, MDM dénonce les durcissements pour obtenir l’aide médicale d’Etat (AME), dont quelque 150 000 personnes bénéficient. Deux nouveaux décrets du 29 juillet sur cet accès gratuit aux soins obligent le demandeur à fournir une série de justificatifs (identité, résidence, ressources) pour prouver trois mois de présence ininterrompue en France. MDM s’insurge et demande l’annulation de ces décrets, estimant que "les plus démunis sont assimilés à des fraudeurs". Dans la pratique, "on leur demande des pièces justificatives de plus en plus importantes et de plus en plus difficiles à trouver. Le temps qu’ils les trouvent, cela retarde l’accès aux soins", estime le docteur Jeanson. "Et quand on retarde l’accès aux soins, les maladies s’aggravent, les gens vont plus mal, et in fine cela coûte plus cher", poursuit-elle.

Autre difficulté pour les patients pauvres : même quand ils sont titulaires de l’AME ou de la couverture-maladie universelle (CMU), ils ne sont pas toujours reçus par les généralistes ou les spécialistes. "C’est illégal. On ne peut pas refuser l’accès aux soins", s’indigne le docteur Jeanson, tout en reconnaissant que ses confrères qui soignent des titulaires de l’AME rencontrent ensuite des difficultés de remboursement. Pour pallier ces problèmes,"MDM demande l’accès aux soins sans avance de frais, immédiat et simple, pour toute personne en dessous du seuil de pauvreté", a conclu sa présidente.

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