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Alexandra Chaignon | L’Humanité du 27.03.2008

Miko : reprise des négociations

vendredi 28 mars 2008 par Alexandra Chaignon
Emploi . Après dix semaines de grève, les Miko de Saint-Dizier ont repris le travail. Mais la mobilisation se poursuit au niveau judiciaire.

La situation commence à se débloquer au sein de l’usine Cogesal-Miko de Saint-Dizier (Haute-Marne). Après la reprise du travail la semaine dernière, suite à deux mois de grève, les négociations sont reparties entre la direction et les syndicats, notamment sur les mesures d’accompagnement. Le nombre de salariés licenciés pourrait être légèrement revu à la baisse, suite à la proposition de la direction de ne supprimer que deux lignes de production au lieu de trois. La ligne cône pourrait également être conservée. Des discussions sont aussi en cours sur l’arrivée éventuelle de nouvelles entreprises logistiques, qui permettrait de sauver davantage d’emplois sur le site.

Cette reprise du dialogue va dans le sens du tribunal de Nanterre, qui, saisi en référé par le comité d’entreprise pour faire invalider le plan social, a reporté hier son audience au 9 avril, afin que le CE et la direction mènent un dialogue constructif. Durant cette séance, la chambre des référés a toutefois « fortement invité » la direction à payer les salaires des non-grévistes, qu’elle a suspendus du 12 au 29 février, a indiqué Me Ralph Blindauer, l’avocat du CE. Celle-ci avait en effet suspendu le paiement des salaires de tous les employés de production, qui représentent 60 % des 493 salariés du site, alors que seule une partie d’entre eux participaient au mouvement.

Le CE de l’usine de Saint-Dizier avait assigné l’entreprise en justice pour que les salaires des non-grévistes soient payés, mais aussi pour faire invalider le plan social. « Le processus de négociation n’a pas été correctement mené. La première réunion (relative aux mesures d’accompagnement du plan social) a été bâclée. Le CE n’a pas été correctement consulté, selon les normes de la législation française », a expliqué à l’AFP Ralph Blindauer. Si les deux parties ne trouvent pas d’accord d’ici au 9 avril, l’affaire sera jugée.

La semaine dernière, après plus de deux mois de grève, les salariés ont finalement repris le travail. Un accord de « cessez-le-feu » ayant été conclu entre les deux parties. « Le deal était simple. On reprend le travail contre la suspension des retraits sur salaires et de nouvelles réunions de négociations », a fait savoir Hervé Mazelin, responsable CGT. Le 11 mars dernier, des représentants des salariés s’étaient rendus au Parlement européen à Strasbourg, pour dénoncer la stratégie européenne du groupe et le plan social frappant leur usine. Les salariés de Miko ont bloqué leur usine du 9 janvier au 18 mars pour protester contre la suppression d’environ 250 emplois sur un total de 493 d’ici à juillet 2008. Début septembre, le groupe Unilever, auquel appartient Miko, avait annoncé la suppression de 20 000 emplois dans le monde, dont 10 000 à 12 000 en Europe.

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