Liste des auteurs

Un article de Pierre Henri Laab paru dans L’Humanité du 7 septembre 2005

« Ne nous laissons pas faire »

mercredi 7 septembre 2005 par Pierre-Henri Lab
ils étaient 2 200 au Zénith de Lille pour participer au meeting de rentrée de la CGT. Paroles de militants.

Mécontentement social ne rime pas avec abattement. Pour les 2 200 militants CGT, qui ont participé au meeting de rentrée de la CGT au Zénith de Lille, l’heure n’est visiblement pas à la résignation. En prélude à l’ouverture du meeting, chaque arrivée d’une nouvelle délégation venue du Nord-Pas-de-Calais, de Champagne-Ardenne ou de Picardie est l’occasion pour un militant de s’exprimer, de témoigner de sa condition de salarié et de faire part de son état d’esprit. Bas salaires, emplois précaires, délocalisations, discriminations syndicales, la réalité quotidienne décrite par de nombreux salariés du privé est souvent dure. Tous témoignent à l’instar d’un métallo béthunois « d’une situation qui ne cesse de se dégrader ». « Quand l’entreprise gagne, tout le monde gagne affirme le patronat. Dans les entreprises de la zone commerciale d’Eurallile, les grands groupes de la distribution font d’énormes bénéfices mais les salariés eux ne gagnent pas grand-chose », lance Vincent Delbar. Salarié du commerce, il témoigne sur la précarité des emplois et sur les temps partiels imposés. Si l’emploi est fortement présent dans les préoccupations de nombreux militants, beaucoup d’autres salariés du privé comme du public mettent en avant la question du pouvoir d’achat. Gilles, qui gagne « à peine plus que le SMIC malgré dix ans d’ancienneté », avoue « ne plus arriver à boucler les fins de mois ». Il juge « insuffisantes » les mesures du gouvernement. « La prime pour l’emploi et les 75 euros de prime de cuve de fuel ne font pas le poids par rapport à la hausse de l’essence ou celle des loyers. » Et Gilles de revendiquer « une hausse des salaires d’au moins 10 % ».

Emplois, salaires mais aussi service public. Postiers, cheminots, agents d’EDF et de GDF ou hospitaliers dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail et de la qualité du service rendu aux usagers. Ainsi, Nicole Bernabe, employée au CHR de Lille, décrit le quotidien d’hôpitaux sans moyens, de fermetures de lit et de suppressions de postes. Elle estime que « le gouvernement ne considère pas la santé comme un droit mais comme une marchandise ». « Il veut mettre à mort les services publics », accuse-elle.

« Ne nous laissons pas faire », invite le secrétaire de l’UD-CGT du Nord, Philippe Detrez. Il semble entendu. Antoine Garcia, salarié de Bombardier à Crespin (Nord), témoigne de la lutte victorieuse menée avec ses collègues contre un projet de suppression de trois cents emplois. Lui, comme de nombreux militants présents, se dit « révolté ». « Construire l’action collective pour gagner », prône la banderole au-dessus de la tribune. Les militants CGT y semblent décidés.

P. -H. L.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !