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Une dépèche AFP et AP parue sur lefigaro.fr le 2 mars 2006

Nucléaire civil : L’accord signé entre l’Inde et les Etats-Unis est « historique »

jeudi 2 mars 2006
Lors de la visite de Georges W. Bush en Inde, les deux pays ont conclu un accord de coopération nucléaire civile, le premier du genre. Les Américains partageront désormais leur savoir-faire avec New Dehli, qui en échange placera ses activités nucléaires militaires sous contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

A quelques jours de la réunion cruciale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur la crise du nucléaire iranien, qui pourrait voir l’agence onusienne saisir pour sanctions le Conseil de sécurité, les Etats-Unis marquent des points dans la bataille pour la non-prolifération nucléaire. Après plusieurs semaines de suspens, New Dehli et Washington sont parvenus à un compromis sur la coopération nucléaire civile. Accord qualifié d’« historique et nécessaire » par George W. Bush.

Contrôler le nucléaire indien

Le texte prévoit qu’en échange du transfert du savoir-faire nucléaire américain vers l’Inde, New Dehli place ses activités nucléaires militaires sous le contrôle des inspecteurs de l’AIEA. Tout en scellant le rapprochement entre les deux pays en posant les bases d’un nouveau partenariat stratégique, le compromis signé est un moyen pour Washington de contrôler les velléités nucléaires de l’Inde, pays qui s’est autoproclamé puissance nucléaire en 1998.

Les Américains ont toutefois dû faire quelques concessions : alors que l’Inde n’est pas signataire du Traité de non prolifération nucléaire (TNP), Georges W. Bush accepte de transférer des technologies nucléaires - combustibles et réacteurs - à des fins civiles. Cette décision marque un revirement de la politique américaine, qui avait jusque-là imposé des sanctions à l’Inde en raison de ses activités nucléaires.

Pour l’Inde, exclue d’une coopération avec les pays membres du Groupe des fournisseurs nucléaires en raison de la non-ratification du TNP, l’accord permet de sortir de son isolement dans ce domaine. Le développement de l’énergie nucléaire civile est crucial pour l’Inde qui importe 70 % de ses besoins en pétrole et dont les besoins énergétiques vont augmenter pour accompagner une croissance d’environ 8 %.

Décision du Congrès

Le président américain doit maintenant convaincre le Congrès américain du bien-fondé de cet accord alors qu’aux Etats-Unis des experts de la non-prolifération s’inquiètent de ses conséquences en pleine crise avec l’Iran. La loi américaine interdit en effet l’exportation de technologies pouvant aider le programme nucléaire d’un pays n’ayant pas ratifié le TNP. Dès juillet, le Bush s’était engagé à convaincre le Congrès de lever les sanctions pour reprendre une coopération nucléaire civile avec l’Inde et à persuader d’autres pays de faire de même.

Côté indien, des scientifiques craignent que cet accord, qui touche aux questions de sécurité nationale, ne restreigne le programme nucléaire militaire indien. Les communistes s’inquiètent quant à eux du prix à payer et de futures pressions politiques en échange de cette coopération.

Islamabad espère

Réagissant à cette annonce, Islamabad a déclaré « espérer obtenir à l’avenir le même genre de coopération ». A l’image de son voisin indien, le Pakistan s’est déclaré puissance nucléaire militaire en 1998 et n’a pas signé le TNP, ce qui lui interdit une coopération avec les fournisseurs nucléaires.

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