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Article de DIANE CAMBON et JACQUES-OLIVIER MARTIN. paru dans Le Figaro du 27 septembre 2006

OPA sur Endesa : E.ON contre-attaque face au front espagnol

mercredi 27 septembre 2006 par Diane Cambon, Jacques-Olivier Martin
E.ON relève son offre sur le groupe énergétique ibérique pour contrer l’irruption surprise du groupe de travaux publics Acciona.

COUP DE THÉÂTRE dans la bataille pour le contrôle d’Endesa, la première entreprise électrique d’Espagne. En fin de soirée, l’énergéticien allemand E.ON a annoncé le relèvement de son offre sur Endesa de 25,405 à 35 euros, valorisant le groupe espagnol à 37 milliards d’euros.

Cette décision intervient alors que, à la surprise générale, le groupe espagnol de travaux publics et de services Acciona avait annoncé, lundi soir, l’achat de 10 % du capital d’Endesa pour 3,38 milliards d’euros, à un prix de 32 euros par action. Cette irruption surprise dans le capital d’Endesa coupait l’herbe sous le pied au géant allemand, lequel, depuis la mi-février, se démène pour prendre le contrôle de l’opérateur électrique espagnol. Le groupe E.ON est entré dans la bataille six mois après le lancement de l’OPA hostile du catalan Gas Natural sur Endesa, à un prix réduit de 21 euros par action.

Acciona pourra toujours se consoler En proposant 25,40 euros par action, E.ON est certes devenu un acheteur plus séduisant d’un point de vue économique. Mais Politiquement, en revanche, l’offre allemande a, dès le début, suscité des réticences au sein des autorités espagnoles. Le gouvernement de José Luis Zapatero, favorable à l’émergence d’un « champion national de l’énergie », n’a pas hésité à mettre des bâtons dans les roues du mastodonte germanique en amplifiant les compétences de la Commission nationale de l’énergie (CNE), le régulateur énergétique espagnol. Ainsi qu’en fixant un certain nombre de conditions drastiques en cas d’OPA, via des cessions d’actifs très importantes.

Ces relents de protectionnisme ont valu à l’Espagne les remontrances de la Commission européenne. Hier, elle a fermement condamné Madrid. La CNE dispose de trois mois pour rectifier les conditions imposées à E.ON, jugées tout simplement « illégales ». Parallèlement, la CNE est invitée à rogner sur ses prérogatives. Dans les deux cas, le coup de semonce est bien réel.

Pour l’exécutif espagnol, l’entrée d’Acciona, détenu à 59,7 % par la famille Entrecanales, est donc une aubaine. Tout en évitant d’être accusé d’ingérence dans les affaires économiques du pays, Madrid peut à nouveau espérer qu’Endesa ne tombe pas dans des mains étrangères. D’autant qu’avec ce nouvel actionnaire l’espoir d’une minorité de blocage se dessine.

Mais après la contre-attaque éclaire d’E.ON, cette hypothèse a peut-être déjà fait long feu. Le prix pour contrer l’assaillant allemand est désormais très élevé. La famille Entrecanales, qui prévoyait hier dans la journée d’élever sa participation jusqu’à 24,9 % du capital d’Endesa peut-elle réellement poursuivre la lutte alors même que son incursion a été entièrement financée avec un crédit de banque Santander Central Hispano ?

À défaut, Acciona pourra toujours se consoler en empochant une plus-value de trois euros par titre et se flatter d’avoir fait monter les enchères autour du fleuron espagnol de l’électricité.

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