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Un article de Yves Housson paru dans l’Humanité du 16 mars 2005

Officiel : le pouvoir d’achat a baissé en 2003

mercredi 16 mars 2005 par Yves Housson
Selon une étude de l’INSEE, le salaire net moyen a reculé de 0,3 %. C’est une première depuis 1996.

L’année 2003 a été « une année difficile » pour les salaires dans les entreprises, selon la dernière étude officielle de l’INSEE. En langage plus direct, les salariés du secteur privé et semi-public ont perdu du pouvoir d’achat. Leurs rémunérations ont bien augmenté, en net (une fois déduits les prélèvements à la source, cotisations sociales, CSG, CRDS), de 1,8 %. : le salaire mensuel moyen s’établissait ainsi à 1 811 euros. Mais, cette même année, les prix ont suivi une pente montante plus forte encore (2,1 %). Résultat : un recul du pouvoir d’achat de 0,3 %. C’est net et sans bavures, cela ne relève pas de quelque trompeur « ressenti », comme le suggèrent M. Seillière et d’autres observateurs, mais bien du réel tel que mesuré par l’institut de la statistique. « C’est la première fois depuis 1996 que l’on assiste à une baisse du salaire net moyen en euros constants », souligne l’INSEE. Une triste performance s’expliquant à la fois par la faible croissance du PIB (0,5 %) et par l’évolution très négative de l’emploi qui, pour la première fois depuis 1993, a diminué en France en 2003, pesant d’autant, négativement, sur les salaires. Ce sont les employés et les cadres qui ont le plus trinqué (respectivement - 1,1 % et - 0,8 % de pouvoir d’achat), devant les ouvriers (- 0,2 %). Les inégalités hommes-femmes ne régressent pratiquement pas : le salaire mensuel net moyen d’un homme travaillant à temps complet s’élevait à 1 943 euros, contre 1 561 euros pour une femme, soit un écart de 19,7 %.

Autre chiffre significatif : le salaire médian s’établissait en 2003 à 1 455 euros nets. Autrement dit, la moitié de la population concernée (un peu plus de 15 millions) touchait une rémunération inférieure à ce niveau, l’autre moitié gagnant plus. Et un salarié sur dix a reçu moins de 978 euros par mois. Précisons que cette étude ne porte que sur les travailleurs bénéficiant d’un « temps complet ». Les quelque 15% d’hommes et - surtout - de femmes astreints au temps partiel doivent donc souvent se contenter de payes encore inférieures... Seul, et maigre, lot de consolation, les smicards ont connu une hausse de leur pouvoir d’achat (1,3 %). Une conséquence de l’harmonisation progressive, par le haut, des différents SMIC institués par la loi Aubry sur les 35 heures (1)

Les statistiques de l’INSEE ne sauraient certes être prises pour vérité d’évangile. Elles s’appuient, on le sait, sur un indice des prix qui sous-estime le poids d’une série de dépenses sur le budget des plus modestes dont le pouvoir d’achat est donc souvent encore plus affaibli. Cette étude confirme néanmoins, si besoin était, le bien-fondé de l’actuel mouvement revendicatif.

(1) Ce mouvement, faut-il le rappeler, ne relève pas d’une soudaine générosité à l’endroit des plus mal payés, contrairement à la propagande de Raffarin : il s’agit tout simplement de permettre aux smicards de ne pas perdre de salaire en passant de 39 heures à 35 heures.
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