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Sébastien Ganet | L’Humanité du 7 mars 2007

Où est passée la croissance française ?

mercredi 7 mars 2007 par Sébastien Ganet
Économie . Une conférence sur la croissance était organisée hier à Bercy, avec de nombreux économistes. La France accuse un lourd retard.

À l’agonie, la croissance française méritait bien une conférence. C’est chose faite. Hier, Dominique de Villepin et Thierry Breton avaient convoqué à Bercy le gratin de la pensée économique officielle française, voire internationale, pour une conférence sur la croissance. Les chefs de file des grands organismes économiques étaient là : Christian de Boissieu, Patrick Artus (et d’autres) pour le CAE (Conseil d’analyse économique), Jean-Hervé Lorenzi (Cercle des économistes), Jean-Philippe Cotis pour l’OCDE, Jean-Paul Fitoussi (OFCE) ou encore Michel Didier pour le COE-Rexecode. Des membres du MEDEF et de syndicats de salariés étaient présents. Aux côtés des représentants des corps d’État ou d’administrations (Inspection générale des finances, INSEE etc.), le Nord-Américain Edmund Phelps, prix Nobel d’économie 2006, était également invité.

Un tel déploiement s’explique par la nature de l’enjeu. Alors que les grands équilibres mondiaux sont bousculés par le bond économique de l’Asie du Sud-Est - des études, comme celle de Goldman Sachs, font de la Chine la 1re puissance économique mondiale d’ici à 2050 devant les États-Unis - de vieilles économies européennes, comme la France, sont en quasi-stagnation. L’Hexagone, avec seulement 2 % de croissance entre 2006 et 2007, se démarque même d’une zone euro repassée à 3 %. Depuis 2002, Jacques Chirac et ses premiers ministres successifs ont fait de l’austérité budgétaire et sociale l’alpha et l’oméga de leur politique économique, voire la condition sine qua non du retour à la croissance. Hier, à côté de thèmes incontournables comme le nécessaire déploiement de la recherche, de l’enseignement supérieur et de la formation, les vieilles lunes libérales étaient ressorties, nichées dans « la réduction du coût minimum du travail », la « réforme de la législation de la protection de l’emploi » ou encore la réduction des « obstacles réglementaires à la concurrence ». Comme indiqué par les chiffres distribués hier à la presse, les dépenses du budget de l’État n’augmentent plus (0 % d’augmentation en volume depuis 2005), les dépenses sociales ont été fortement ralenties (1,5 % en 2006 contre 4 % en 2002). Pour quel résultat ? En cinq ans, la droite au pouvoir n’aura réussi qu’à placer la France dans le dernier wagon de la croissance économique européenne.

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